Vingt-quatre ans après le naufrage du Joola, les rescapés réclament une prise en charge durable et le devoir de mémoire

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 20 lectures
Vingt-quatre ans après le naufrage du Joola, les rescapés réclament une prise en charge durable et le devoir de mémoire

Vingt-quatre ans après le naufrage du Joola, survenu le 26 septembre 2002, les blessures des survivants restent vives. Lamine Coly, seul rescapé du village d'Affiniam, témoigne de l'impact durable de cette tragédie qui a coûté la vie à 1 863 personnes, tout en pointant les lacunes dans l'accompagnement des victimes et la gestion mémorielle du drame.

Le traumatisme persistant des survivants

Pour Lamine Coly, le temps n'a pas effacé les stigmates de la nuit du naufrage. Le rescapé décrit une vie marquée par des séquelles psychologiques profondes, où des bruits anodins ou des coupures de courant suffisent à raviver le souvenir de la catastrophe. Il dénonce une prise en charge médicale initiale insuffisante, limitée à deux mois, et appelle aujourd'hui à un accompagnement psychologique pérenne pour les survivants et les familles endeuillées, souvent confrontés à une précarité matérielle persistante.

Les failles de la chaîne des secours

Le récit de Lamine Coly met en lumière la détresse des passagers face à la lenteur des opérations de sauvetage. Alors que le navire a chaviré vers 23 heures, la Marine nationale n'a été alertée qu'au petit matin, à 7 heures, et les secours ne sont intervenus qu'à 18 heures. Ce délai critique a contraint les rescapés à une survie improvisée, accrochés à la coque du navire, tandis que des appels à l'aide retentissaient encore depuis l'intérieur de l'épave.

Exigences de vérité et devoir de mémoire

Au-delà de la souffrance individuelle, la question des responsabilités politiques reste un point de tension majeur. Des voix, dont celle de Seydi Gassama, rejettent l'idée que la responsabilité puisse incomber uniquement au commandant de bord, qualifiant cette version de « mensonge d'État ». Parallèlement, les familles des victimes et les rescapés portent une revendication forte : le renflouement des ossements encore présents dans l'épave. L'objectif est de permettre une sépulture digne et d'intégrer ces restes au sein d'un Musée-Mémorial, afin d'inscrire durablement cette tragédie dans la conscience nationale sénégalaise.

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