La découverte de six corps, retrouvés les mains liées et les yeux bandés dans une fosse commune à Forecariah le 24 août dernier, provoque une vive mobilisation au sein de la société civile ouest-africaine. Vingt organisations exigent désormais l'ouverture d'une enquête indépendante et transparente pour faire la lumière sur ces décès, dans un contexte marqué par une profonde méfiance envers les procédures judiciaires locales.
Une mobilisation régionale pour la vérité
La coalition, qui regroupe des mouvements influents tels que Y en a marre au Sénégal, Tournons la page au Togo et Africtivistes, a exprimé son scepticisme face à la gestion actuelle du dossier. Le défenseur des droits humains Alioune Tine, porte-parole de ce collectif, souligne le manque de résultats probants lors des précédentes enquêtes sur les violations des droits humains dans le pays. Face à ce qu'ils considèrent comme une inertie du parquet de Forecariah, ces organisations ont annoncé leur intention de saisir les instances régionales et internationales, notamment la Cédéao et la Cour africaine des droits de l'homme de l'Union africaine.
La position des autorités guinéennes
De son côté, la Commission de défense et de sécurité, placée sous l'égide de la présidence de la République et présidée par le ministre délégué à la Défense nationale Ibrahima Kalil, a affirmé qu'aucune conclusion définitive ne pouvait être établie à ce stade. Tout en assurant que des mesures ont été prises pour mener les investigations, la commission a appelé à la retenue, exhortant les acteurs à éviter la diffusion d'informations non vérifiées qui pourraient entraver le travail des enquêteurs.
Un climat de tension persistante
Ce dossier est d'autant plus sensible qu'il s'inscrit dans un climat de peur persistante, certains observateurs établissant des parallèles avec des périodes sombres de l'histoire politique guinéenne. La découverte de ces corps survient moins d'un an après la mise au jour d'une première fosse commune dans la même région, en octobre 2025. Cette répétition de faits graves renforce l'exigence d'impartialité exprimée par les organisations de la société civile, qui attendent désormais des actes concrets de la part des autorités pour garantir que toute la lumière soit faite sur ces événements.