Vingt ans de transformation agricole en Afrique : un bilan en demi-teinte qui appelle à une nouvelle alliance stratégique

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 33 lectures
Vingt ans de transformation agricole en Afrique : un bilan en demi-teinte qui appelle à une nouvelle alliance stratégique

Le secteur agroalimentaire africain a enregistré des avancées significatives au cours des vingt dernières années, marquées par un doublement de la production agricole et des revenus des fermiers. Toutefois, ce rapport d'impact souligne que ces gains restent inégaux et insuffisants face à la persistance de la faim et aux défis structurels qui freinent la prospérité des petits exploitants.

Deux décennies de mutations agricoles

Depuis la Déclaration de Maputo en 2003, le continent a amorcé un tournant décisif dans la structuration de son agenda agricole. Les données montrent une croissance de la valeur ajoutée brute du secteur, passée de 2,3 % à près de 4 %, tandis que les rendements céréaliers ont progressé d'environ 40 %. L'AGRA, institution panafricaine créée en 2006, a activement soutenu cette dynamique en formant plus de 33 000 agents de vulgarisation et en mobilisant près de 691 millions de dollars pour appuyer les plans nationaux d'investissement agricole.

Les trois verrous du développement

Malgré ces efforts, le rapport identifie trois obstacles majeurs, qualifiés de « pièges », qui entravent la transformation durable des systèmes alimentaires. Le « piège de la productivité » limite la résilience des cultures, tandis que le « piège de la valeur » empêche les agriculteurs de transformer leur production en revenus stables, emplois ou compétitivité commerciale. Enfin, le « piège de la capacité » souligne les faiblesses persistantes en matière d'institutions, de données, de coordination et de redevabilité, empêchant le passage des plans stratégiques à une exécution concrète sur le terrain.

Vers une responsabilité partagée

Pour les deux prochaines décennies, l'enjeu dépasse le cadre strict de l'agriculture. Les dirigeants de l'AGRA, dont son président du conseil d'administration Hailemariam Dessalegn, insistent sur la nécessité d'une alliance renouvelée. La prospérité des agriculteurs dépend désormais de décisions transversales impliquant les secteurs de l'énergie, de l'infrastructure, de la finance, de l'éducation et de la santé. L'objectif est de passer de projets isolés à des systèmes intégrés où la productivité, la rétention de valeur et la solidité institutionnelle sont traitées de manière cohérente.

L'impératif de la prospérité paysanne

La transformation réelle ne sera atteinte que lorsque les systèmes entourant les agriculteurs leur permettront de prospérer durablement. Lorsque les exploitants peinent à produire de manière fiable, les conséquences sont immédiates : hausse des prix alimentaires, augmentation des factures d'importation et désintérêt des jeunes pour l'économie rurale. À l'inverse, une agriculture prospère constitue le socle de marchés plus robustes, de communautés en meilleure santé et d'une croissance inclusive pour l'ensemble du continent.

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