Le nouveau livre‑enquête « La Droite de Dieu », publié le 3 septembre, dresse le portrait d’un Vincent Bolloré qui, malgré sa retraite officielle en 2022, continue de façonner le paysage médiatique français et de préparer une action politique en vue de l’élection présidentielle de 2027.
Une investigation au cœur des convictions religieuses et de l’extrême droite
Les journalistes Camille Vigogne Le Coat et Clément Lacombe, grands reporters du Nouvel Obs, analysent le rapport de Bolloré au christianisme et sa radicalisation vers la droite extrême. Le livre montre comment ces repères idéologiques se traduisent en stratégies d’influence, notamment à travers le financement de mouvements et de personnalités partageant une vision conservatrice de la société.
Le poids d’un groupe médiatique dominant
Vincent Bolloré contrôle le premier groupe de médias en France, incluant Canal+, CNews, Europe 1, le Journal du Dimanche, JDNews, Capital, Voici et d’autres titres. Cette concentration d’actifs lui assure une capacité unique à orienter l’opinion publique, à choisir les sujets traités et à donner la parole à des porte‑voix favorables à son agenda. Son audition devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, le 24 mars 2026 à l’Assemblée nationale, a mis en lumière les questions de transparence et de pluralisme liées à cette emprise.
Enjeux pour l’élection présidentielle de 2027
Le texte indique que Bolloré prépare un « projet politique » pour 2027, cherchant à placer des alliés au sein des forces politiques et à mobiliser son audience médiatique en faveur d’une ligne conservatrice. Si ces ambitions se concrétisent, elles pourraient modifier la dynamique électorale, en particulier dans les régions où ses chaînes et stations de radio détiennent une forte audience. Les observateurs soulignent que la combinaison d’une influence médiatique massive et d’une idéologie religieuse structurée représente un facteur de poids inédit dans le jeu politique français.
Conséquences pour la régulation de l’audiovisuel public
L’interrogation de la commission parlementaire sur le rôle de Bolloré dans le secteur public met en avant la nécessité de réexaminer les règles de gouvernance des médias. Les experts cités dans le livre insistent sur le risque de concentration excessive et sur l’importance de garantir l’indépendance des chaînes publiques face à des intérêts privés puissants. Le débat pourrait déboucher sur de nouvelles mesures législatives visant à renforcer la transparence des actionnaires et à limiter les conflits d’intérêts.