Une dynamique internationale de restriction de l'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs s'accélère, avec plus de 20 pays ayant déjà adopté ou préparant des mesures législatives. Cette tendance, portée par des préoccupations croissantes sur les mécanismes addictifs des plateformes, place désormais la protection numérique des enfants au cœur des agendas politiques mondiaux.
Des mesures déjà opérationnelles sur plusieurs continents
L'Australie a ouvert la voie fin 2025 en instaurant une interdiction globale des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, bien que les données récentes soulignent la difficulté de faire respecter cette mesure face aux stratégies de contournement des adolescents. D'autres nations ont opté pour des approches variées : le Brésil impose désormais un lien entre les comptes des mineurs et ceux de leurs parents, tandis que l'Indonésie, la Malaisie et la Turquie ont légiféré pour exclure les moins de 15 ou 16 ans des plateformes. En Chine, les restrictions sont en place depuis 2019, s'étendant progressivement des jeux vidéo aux réseaux sociaux et services de streaming.
L'Union européenne face au défi de la régulation
L'Union européenne s'apprête à franchir une étape décisive avec la présentation par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, de propositions visant à limiter les fonctionnalités addictives des plateformes. Parallèlement, plusieurs États membres avancent à des rythmes différents : la Grèce, l'Autriche, la Slovénie, le Danemark et la Suède préparent des interdictions ciblées sur l'âge. En France, après une première tentative invalidée par le Conseil constitutionnel pour des motifs liés à la liberté d'expression, l'exécutif s'est engagé à proposer un nouveau cadre législatif robuste d'ici le printemps 2027.
Des débats juridiques et politiques persistants
La mise en œuvre de ces politiques se heurte à des défis techniques et juridiques majeurs. Outre la question de la vérification de l'âge, les gouvernements doivent concilier protection de l'enfance et libertés publiques. Aux États-Unis, la Californie a adopté une série de lois, dont une interdiction des fonctionnalités addictives pour les mineurs prévue pour 2027. Au Royaume-Uni et au Canada, des projets de loi similaires sont en cours d'examen, témoignant d'une volonté politique globale de reprendre la main sur l'exposition des plus jeunes aux algorithmes de captation d'attention.