Vers un pacte éducatif commun du Nord nigérian : un plan ambitieux pour 2030

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 34 lectures
Vers un pacte éducatif commun du Nord nigérian : un plan ambitieux pour 2030

Les gouverneurs du Nord nigérian reconnaissent que l’urgence éducative ne peut plus être traitée séparément. Ils proposent un pacte régional, un recensement complet et des objectifs clairs pour que chaque enfant du Nord soit scolarisé et apprenne d’ici 2030, tout en mobilisant ressources et expertise communes.

Un engagement politique collectif des gouverneurs du Nord

Les dix‑neuf gouverneurs doivent officiellement déclarer l’éducation comme une crise de capital humain et créer un « Compact d’Éducation et de Capital Humain du Nord ». Ce cadre inclurait des engagements mesurables pour chaque État et des obligations communes, coordonnés par un petit conseil dédié, sans alourdir la bureaucratie.

Cartographier le déficit : recensement éducatif et objectifs 2030

Le premier pas consiste à réaliser un recensement complet de l’éducation et une cartographie du capital humain, recouvrant chaque localité : nombre d’enfants en âge scolaire, taux de scolarisation, effectif enseignant, état des infrastructures, disparités de genre, besoins des enfants en situation de handicap et risques sécuritaires. Ces données, collectées avec l’appui des chefs traditionnels, permettront de passer d’une politique spéculative à une action ciblée.

L’objectif phare, aligné sur les Objectifs de Développement Durable de l’ONU, est « Chaque enfant du Nord apprend d’ici 2030 ». Il ne s’agit pas seulement d’inscrire les enfants, mais de garantir des acquis en littératie, numératie, compétences numériques, connaissances civiques et perspectives professionnelles ou universitaires.

Des priorités ciblées : enseignants, formation professionnelle et éducation des filles

Le succès dépendra d’une main‑d’œuvre enseignante compétente. Au lieu de 19 systèmes isolés, le projet prévoit des centres régionaux spécialisés : formation en mathématiques et sciences, éducation technique et professionnelle, petite enfance, enseignement spécialisé et leadership scolaire. Le financement serait mutualisé, évitant la duplication des efforts.

Le pacte accorde également une place centrale à l’éducation des filles, présentée comme une nécessité de développement plutôt qu’une imposition externe. La participation des chefs traditionnels, des érudits islamiques, des leaders chrétiens et des organisations de femmes est envisagée pour relancer les inscriptions et la rétention des filles.

Plateforme numérique et financement partagé

Un environnement d’apprentissage numérique commun permettrait de diffuser des cours de qualité (maths, sciences, anglais, techniques) dans toutes les écoles, même celles sans électricité fiable grâce à des installations solaires. Le financement, désormais considéré comme prioritaire, serait mobilisé conjointement auprès du gouvernement fédéral et de partenaires internationaux (Banque mondiale, Banque africaine de développement, UNICEF, UNESCO, etc.).

Responsabilité et compétition saine comme levier électoral

Chaque année, un rapport indépendant sur l’État de l’Éducation du Nord serait publié, évaluant inscription, fréquentation, achèvement, compétences de base, qualité des enseignants, parité de genre et transition vers la formation professionnelle. La transparence créerait une compétition entre États – par exemple, Kano contre Kaduna sur le taux d’alphabétisation – et ferait de l’éducation un critère décisif lors des campagnes électorales de 2027, avec des engagements chiffrés des candidats.

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