En septembre 2024, une affaire avait mis en lumière l’acquisition de véhicules pour la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) via une convention signée par son directeur général de l’époque, Pape Alé Niang. Présentés comme des dons d’amis, ces véhicules ont suscité des interrogations sur leur origine et leur gestion, poussant l’opposition à réclamer une enquête.
Une convention opaque et des questions sans réponse
Deux ans après les premières révélations, les conditions exactes de cette opération restent floues. Qui étaient les donateurs ? Sous quelle forme juridique la mise à disposition a-t-elle été formalisée ? Aucune convention publique ne semble avoir été communiquée, et la valeur des véhicules, comme leur mode d’acquisition, n’a jamais été précisée. Ces zones d’ombre contrastent avec les principes de transparence et de reddition des comptes affichés par l’État sénégalais.
L’appel à une enquête pour lever les doutes
Dès 2024, des figures politiques comme Birahim Seck avaient exigé une investigation pour identifier les bénéficiaires indirects de cette opération et vérifier le respect des procédures applicables aux entreprises publiques. L’absence de réponses depuis soulève une question plus large : la justice et la transparence doivent-elles être sélectives ? Pour les défenseurs de la bonne gouvernance, cette affaire illustre un risque systémique lorsque les institutions publiques, financées par l’impôt des citoyens, échappent à tout contrôle.
La RTS, miroir des défis de la nouvelle République
Média public emblématique, la RTS incarne les attentes d’exemplarité portées par la transition politique sénégalaise. Pourtant, cette affaire rappelle que les symboles ne suffisent pas : les pratiques doivent suivre. Sans clarification, l’opacité autour de cette convention pourrait alimenter les suspicions sur la gestion des ressources nationales, surtout dans un contexte où la confiance dans les institutions est un enjeu central. La lumière sur cette affaire serait un signal fort pour une gouvernance irréprochable.
Que faire aujourd’hui ?
Les principes de justice et de transparence, au cœur du discours officiel, doivent s’appliquer sans distinction. Soit une enquête indépendante est ouverte pour établir les faits, soit les autorités expliquent publiquement pourquoi cette affaire ne nécessite pas de suite. Dans les deux cas, le silence prolongé risque de nourrir les critiques sur l’application inégale des règles. Pour le Sénégal, la meilleure réponse reste la vérité, même deux ans après les faits.