Alors que le prix du diesel dépasse les 2,40 €/litre, des automobilistes français se tournent vers l’huile de colza, vendue à 1,46 €/litre en supermarché, pour alléger leurs factures. L’association « 40 millions d’automobilistes » met en garde contre cette pratique, la qualifiant de « fausse bonne idée » aux conséquences potentiellement lourdes tant pour les véhicules que pour le budget des usagers.
Une hausse du prix du diesel qui pousse à l’expérimentation
Depuis plusieurs semaines, la flambée du carburant à la pompe incite certains conducteurs à chercher des alternatives moins coûteuses. Des vidéos circulent sur les réseaux sociaux montrant des propriétaires de voitures remplissant leurs réservoirs d’huile de colza alimentaire, une démarche qui, à première vue, semble simple et économique. L’association « 40 millions d’automobilistes », qui regroupe un grand nombre d’usagers, signale que ce phénomène n’est plus marginal.
Le calcul économique qui séduit les conducteurs
Le calcul est direct : un litre de gazole coûte en moyenne 2,40 €, tandis qu’un litre d’huile de colza se vend autour de 1,46 € dans les grandes surfaces. La différence représente une économie d’environ un euro par litre, soit près de 40 % du prix du diesel. Cette marge attire particulièrement les automobilistes confrontés à la hausse des taxes et à la raréfaction des stations-service les moins chères. L’association indique observer une « raréfaction de l’huile de colza dans certains commerces », qu’elle attribue à son usage croissant comme carburant.
Des risques techniques et financiers sous‑estimés
Si l’économie immédiate est séduisante, les experts avertissent que l’huile de colza n’est pas conçue pour les moteurs diesel. Sa viscosité, son point d’éclairage et son indice de cétane diffèrent de ceux du gazole, ce qui peut entraîner une usure prématurée des injecteurs, des filtres à particules bouchés et, dans le pire des cas, des pannes coûteuses. De plus, l’utilisation d’un carburant non homologué annule généralement la garantie constructeur, exposant le propriétaire à des réparations dont le coût peut largement dépasser les économies réalisées à la pompe.
Conséquences pour le marché de l’huile de colza et la chaîne alimentaire
L’afflux de demande de l’huile de colza comme carburant a des répercussions au-delà du secteur automobile. Les agriculteurs et les industriels agroalimentaires constatent une pression accrue sur les stocks destinés à la consommation humaine, ce qui peut se traduire par une hausse des prix du produit dans les rayons et, à terme, par des tensions d’approvisionnement. Les autorités sanitaires et les organisations de consommateurs surveillent de près cette évolution, craignant que la pénurie d’huile de colza alimentaire ne compromette la disponibilité d’un ingrédient clé dans la cuisine et la production d’aliments pour animaux.