Lors du symposium Forward Africa Leaders à New York, en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies, le directeur général du groupe United Bank for Africa (UBA), Oliver Alawuba, a plaidé pour une approche plus rigoureuse du financement du développement en Afrique. Il a insisté sur la nécessité de transformer les opportunités du continent en projets commercialement viables, soutenus par des institutions financières crédibles et une gouvernance axée sur les résultats.
La rigueur comme levier de financement
Pour attirer les capitaux nécessaires à la transformation économique, Oliver Alawuba estime que les ambitions de développement doivent être adossées à des structures solides. Selon lui, la durabilité des projets repose sur trois piliers : des revenus fiables, des institutions crédibles et une exécution transparente. Cette exigence de préparation permet de réduire les risques et de garantir que les investissements débouchent sur des résultats concrets, comme en témoigne le remboursement intégral d'un prêt de 6,56 millions de dollars accordé en 2021 pour la modernisation des télécommunications au Tchad.
Un écosystème de soutien aux infrastructures
L'expérience de UBA démontre que le rôle d'une banque dépasse le simple octroi de crédit. En intervenant dans des secteurs stratégiques tels que l'énergie, les routes et les services numériques, l'institution accompagne l'ensemble de la chaîne de valeur. Au Kenya, par exemple, un prêt de 45 millions de dollars destiné à la construction routière s'accompagne de services de gestion des encaissements gouvernementaux et de facilités pour les entrepreneurs, illustrant une volonté d'intégrer le financement dans un écosystème opérationnel complet.
L'innovation numérique au service de l'intégration
Au-delà des infrastructures physiques, UBA mise sur la finance numérique pour lever les barrières linguistiques et géographiques. Sa plateforme Leo, qui compte plus de six millions d'utilisateurs dans 20 pays, illustre cette stratégie en facilitant les transactions transfrontalières en anglais, français, portugais et swahili. Cette infrastructure numérique joue un rôle clé dans l'inclusion financière et le commerce régional, connectant les entreprises africaines aux marchés mondiaux.
Prioriser la viabilité des projets
En conclusion, le dirigeant de UBA a appelé les parties prenantes à se concentrer sur la préparation d'un pipeline de projets « dérisqués » et bancables. L'accent doit être mis sur l'achèvement des investissements en cours dans des domaines critiques comme l'énergie, la logistique et la connectivité numérique. Pour UBA, qui sert plus de 45 millions de clients à travers le monde, l'objectif reste de placer l'entreprise africaine au cœur de la transformation du continent, en s'appuyant sur des partenariats mondiaux solides.