L’Unisport du Haut-Nkam, club emblématique du football camerounais, voit son Assemblée Générale élective reportée sine die après la suspension de ses deux vice-présidents, dont l’un est candidat à la présidence. Une décision qui révèle les fractures internes du « Flambeau de l’Ouest » et place la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) au cœur du règlement de crise.
Une suspension aux allures de manœuvre politique
À quelques jours de l’élection prévue le 29 août, le président sortant Roger Siewé a suspendu Xavier Kameni et Fred Siewé, ses deux vice-présidents. Parmi eux, Fred Siewé, figure du renouveau sportif du club après son retour en MTN Elite One, brigue désormais la présidence. Cette décision, perçue comme une tentative de bloquer son ascension, a immédiatement enflammé le débat interne.
Le timing de cette suspension, à l’aube d’un scrutin crucial, interroge sur ses motivations réelles. Alors que le club devait tourner une page avec une nouvelle équipe dirigeante, l’intervention du président sortant semble avoir précipité une crise institutionnelle aux relents de lutte de pouvoir.
La FECAFOOT impose un arbitrage forcé
Face à l’escalade des tensions, la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) a imposé une condition sine qua non : le règlement des conflits internes avant toute tenue d’Assemblée Générale. Résultat, le scrutin du 29 août est purement et simplement reporté, privant le club d’une transition démocratique pourtant attendue.
Cette décision de l’instance faîtière du football camerounais place Roger Siewé dans une position délicate. Le président sortant, dont l’autorité est désormais contestée, doit composer avec une instance supérieure qui exige des garanties de stabilité avant de valider tout processus électoral. Une situation qui pourrait affaiblir sa position à moyen terme.
Fred Siewé et ses partisans bénéficient d’un répit stratégique
Pour le camp de Fred Siewé, cette crise représente une opportunité inattendue. Suspendu mais toujours en lice pour la présidence, il dispose désormais d’un délai supplémentaire pour consolider son réseau et préparer sa campagne. Son retour en MTN Elite One, perçu comme un symbole de renouveau, pourrait jouer en sa faveur auprès des électeurs du club.
Cependant, l’incertitude plane sur l’issue de cette bataille. La prochaine Assemblée Générale, dont la date reste à déterminer, dépendra de la capacité des parties à trouver un compromis. En attendant, le « Flambeau de l’Ouest » reste sous tension, son avenir sportif et institutionnel suspendu à la résolution de cette crise.