Une opération coordonnée par la National Crime Agency (NCA) britannique a permis de porter un coup d'arrêt significatif aux réseaux de fraude en ligne opérant depuis l'Afrique de l'Ouest. Cette initiative, qui a mobilisé des agences de 15 pays et des acteurs majeurs du numérique, a abouti à l'arrestation de 28 individus et à la saisie de centaines d'équipements électroniques utilisés pour cibler des victimes aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Arrestations et démantèlement d'infrastructures
Les interventions, menées entre le 6 et le 9 octobre, se sont concentrées sur le Ghana et le Nigeria. À Sasaabi, dans la région d'Accra, 19 personnes ont été interpellées et 303 appareils électroniques saisis. Parallèlement, dans l'État du Delta au Nigeria, neuf autres suspects ont été appréhendés avec du matériel informatique comprenant des ordinateurs, des téléphones et des routeurs. Au-delà des arrestations, cette opération a permis d'identifier 117 personnes suspectées d'être victimes de traite d'êtres humains, potentiellement contraintes de participer à ces activités criminelles.
Le rôle clé des plateformes numériques
La collaboration avec le secteur privé a été déterminante pour neutraliser les outils des fraudeurs. Meta a annoncé la suppression de plus de 3,7 millions de comptes, pages et groupes identifiés comme frauduleux. En complément, des domaines web utilisés pour les escroqueries ont été désactivés. Les partenaires privés ont également identifié environ 11 millions de dollars de fonds suspects, dont le gel est désormais envisagé. Ces mesures font suite à des raids menés fin septembre au Ghana, soulignant une stratégie de harcèlement continu contre les centres de cybercriminalité.
Vers une coopération transfrontalière accrue
Les autorités, dont le FBI et les services de cybersécurité ghanéens et nigérians, insistent sur la nécessité de cette approche multilatérale pour contrer des réseaux qui ignorent les frontières. Nick Sharp, directeur adjoint de la lutte contre la fraude à la NCA, a souligné que la nature globale de la cybercriminalité exige une réponse coordonnée entre les États et les entreprises technologiques. Le gouvernement britannique prévoit d'ailleurs de renforcer cette dynamique via son futur Centre de lutte contre la criminalité en ligne.
Vigilance face aux méthodes d'escroquerie
Face à la recrudescence des arnaques à l'investissement, les autorités appellent le public à une vigilance accrue. Les signaux d'alerte incluent les promesses de rendements garantis, les pressions pour investir rapidement, ou encore les demandes de confidentialité vis-à-vis de l'entourage. Les enquêteurs mettent également en garde contre les sollicitations utilisant des célébrités pour crédibiliser des offres ou incitant à déplacer les échanges sur des plateformes de messagerie privée pour échapper à la surveillance.