Deux établissements bancaires majeurs opérant entre Dakar et Abidjan font face à une fraude sophistiquée totalisant plus de 2,5 milliards de FCFA. Cette affaire, qui a conduit à l'ouverture d'une enquête judiciaire, met en lumière les vulnérabilités des procédures de virement interbancaire face à des techniques de falsification ciblées.
Un mode opératoire basé sur la falsification
Le préjudice global s'élève précisément à 2,57 milliards de FCFA, répartis sur deux dossiers distincts signalés fin septembre. Le cas le plus significatif concerne Bridge Bank, dont les systèmes ont été contournés pour effectuer des virements frauduleux totalisant 1,92 milliard de FCFA entre le 10 août et le 27 septembre. Les auteurs présumés utilisaient des comptes de particuliers au Sénégal comme points de chute, procédant à des retraits immédiats pour effacer les traces des flux financiers avant toute intervention des autorités bancaires.
Les failles de sécurité de Bank of Africa
Parallèlement, la Bank of Africa a alerté la Section de recherches après avoir détecté des irrégularités sur des ordres de virement émanant d'Abco Bourse SA. Ici, le mécanisme frauduleux reposait sur la falsification de signatures autorisées et l'utilisation d'adresses électroniques frauduleuses pour valider les transactions. Sur les 650 millions de FCFA initialement visés par cette manœuvre, 559 millions auraient été effectivement retirés avant que la banque ne puisse bloquer les opérations.
Interpellations et procédures judiciaires en cours
L'enquête, menée par les autorités sénégalaises, a déjà permis plusieurs interpellations, notamment dans les agences bancaires des Parcelles Assainies et des Maristes à Dakar. Parmi les personnes arrêtées, Ismaïla Dia, Serigne Sidy Ahmed Mbacké et Awa Diop ont été placés sous mandat de dépôt. D'autres individus impliqués, dont Tidiane Diop, font l'objet de mesures de contrôle judiciaire. La rapidité avec laquelle les fonds ont été extraits des comptes souligne l'enjeu crucial de la réactivité des systèmes de contrôle interne des banques face à ce type de cybercriminalité financière.