La Division des Investigations criminelles (DIC) a récemment déféré au parquet de Dakar un individu accusé d'une vaste escroquerie foncière à Darou Thioub, dans la commune de Keur Massar. Cette affaire, qui porte sur un préjudice total de 102,25 millions de francs CFA, met en lumière la fragilité des transactions immobilières locales et les risques de spoliation auxquels sont exposés les acquéreurs.
Le mécanisme d'une fraude à grande échelle
L'enquête a été déclenchée en août 2026 suite aux plaintes déposées par cinq victimes distinctes. Le mode opératoire rapporté par les plaignants est similaire : le suspect aurait perçu des sommes importantes, allant de 8,1 millions à 50 millions de francs CFA, en échange de la promesse de fournir des documents administratifs complets, incluant notifications, délibérations et plans de situation. Une fois les fonds encaissés, les acquéreurs ont découvert que leurs parcelles étaient déjà occupées par des tiers, révélant ainsi une superposition de droits de propriété sur les mêmes terrains.
La défense du suspect face aux accusations
Lors de son audition par la DIC, le mis en cause a reconnu avoir perçu la somme totale de 102,25 millions de francs CFA. Toutefois, il a contesté la qualification d'escroquerie, affirmant avoir remis à chaque acquéreur les documents administratifs requis au moment de la transaction. Selon sa version des faits, la responsabilité des litiges incomberait à une autorité municipale locale qui aurait, à son insu, procédé à une double attribution des parcelles déjà cédées.
Les enjeux de la sécurisation foncière
Ce dossier illustre les tensions récurrentes liées à la gestion du foncier dans les zones périurbaines en pleine expansion. L'apparition de constructions sur des terrains faisant l'objet de revendications multiples témoigne de la complexité des procédures d'attribution et du manque de transparence dans la délivrance des actes administratifs. Alors que le suspect a été déféré devant le procureur, cette affaire souligne l'urgence pour les citoyens de vérifier scrupuleusement la régularité des titres avant tout investissement immobilier, afin d'éviter des contentieux longs et coûteux devant les juridictions compétentes.