Une vague mondiale de législations vise à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 26 lectures
Une vague mondiale de législations vise à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans

Face à la montée des inquiétudes sur les effets addictifs des plateformes numériques, plus d’une vingtaine de nations ont adopté ou prévoient des mesures pour interdire l’accès aux réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15‑16 ans. L’Union européenne vient d’ajouter son poids à cette dynamique en proposant une interdiction totale pour les moins de 13 ans et un accès limité et encadré jusqu’à 15 ans.

Un panorama des interdictions déjà effectives

Le premier pays à appliquer une interdiction générale est l’Australie, qui a bloqué l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans dès décembre 2025, même si les données d’août montrent que de nombreux adolescents contournent la mesure. L’Indonésie et la Malaisie ont suivi, imposant le même âge minimum depuis mars et juin respectivement. En Turquie, une loi adoptée en avril 2024 interdit l’accès aux moins de 15 ans, avec une entrée en vigueur prévue pour fin 2026. Les Émirats arabes unis ont annoncé une interdiction similaire pour les moins de 15 ans, à mettre en place d’ici un an.

Initiatives en cours dans les grandes démocraties

En Amérique du Nord, la Californie a signé, le 10 septembre, une série de lois visant à protéger les enfants en ligne, dont l’interdiction pour les plateformes d’offrir des fonctions addictives aux moins de 16 ans, applicable dès début 2027. Le Canada a présenté, le 10 juin, un projet de loi qui fixerait l’âge minimum à 16 ans. Au Royaume‑Uni, le gouvernement de Keir Starmer prévoit d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans dès 2027, avec un couvre‑feu pour les 16‑17 ans. La Nouvelle‑Zélande a suivi le modèle australien en août, en proposant une interdiction pour les moins de 16 ans.

L’Europe se mobilise : projets et débats

Au sein de l’UE, la Commission européenne, sous la houlette d’Ursula von der Leyen, a présenté mercredi des propositions visant à interdire l’accès aux moins de 13 ans et à instaurer un accès supervisé jusqu’à 15 ans. Plusieurs États membres ont déjà annoncé leurs propres mesures : la Grèce prévoit une interdiction pour les moins de 15 ans dès janvier 2027, l’Allemagne étudie des restrictions progressives ou ciblées par plateforme, l’Autriche et la Slovénie préparent des lois pour les moins de 14 et 15 ans respectivement, et le Danemark envisage d’interdire plusieurs plateformes aux moins de 15 ans. La Suède cible une interdiction d’ici début 2028, tandis que l’Irlande envisage d’agir en l’absence d’une décision européenne. En dehors de l’UE, la Norvège présentera d’ici la fin de l’année un projet de loi interdisant l’accès aux moins de 16 ans.

Défis de mise en œuvre et réactions

Les expériences déjà menées montrent que les interdictions peuvent être contournées, comme le révèle le cas australien. Les gouvernements misent donc sur des mécanismes de vérification d’âge, le rattachement des comptes mineurs à ceux des parents (exemple du Brésil) ou des restrictions de temps (Chine depuis 2019). En France, le Parlement avait adopté cet été une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, mais le Conseil constitutionnel l’a annulée pour atteinte à la liberté d’expression ; le président Emmanuel Macron a promis une nouvelle législation « juridiquement solide » d’ici le printemps 2027. La diversité des approches souligne la difficulté de concilier protection des jeunes, libertés individuelles et réalités techniques du contournement en ligne.

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