L'agence nationale de lutte contre la traite des personnes (NAPTIP) a interpellé trois individus dans la communauté d'Ogberia Ochoro, dans l'État de Cross River, pour une tentative d'enlèvement et de vente d'un enfant de deux ans. Ce fait, révélé par la vigilance d'un agriculteur local, soulève des questions critiques sur la protection des mineurs et les litiges sociaux en milieu professionnel.
Une intervention citoyenne décisive
L'incident a été stoppé grâce à l'intervention d'un habitant qui, revenant de ses champs, a remarqué le comportement suspect des trois individus transportant l'enfant. Malgré une tentative de justification affirmant que l'enfant appartenait à l'un d'eux, l'alerte donnée par le témoin a permis de poursuivre les suspects à travers quatre communautés avant leur arrestation. Cette mobilisation locale a été déterminante pour empêcher le transfert de l'enfant vers un lieu de vente potentiel.
Le différend salarial comme mobile présumé
Lors des interrogatoires menés par le commandement de la NAPTIP à Calabar, les suspects ont justifié leur acte par un conflit lié à des salaires impayés. Ils affirment avoir travaillé trois mois sans rémunération et considèrent l'enlèvement comme un moyen de « récupérer » leur dû. De son côté, l'employeur conteste formellement ces allégations, assurant que les paiements étaient à jour, à l'exception du mois en cours, non encore échu.
Le défi de la détermination de l'âge légal
L'enquête se heurte désormais à une incertitude concernant l'âge réel des suspects. Alors que les documents officiels de la communauté indiquent des âges de 18, 19 et 27 ans, les intéressés déclarent être âgés de 16, 17 et 25 ans. La NAPTIP a sollicité l'assistance des familles pour vérifier ces informations. Cet élément est crucial pour la procédure judiciaire : si la minorité de certains suspects est confirmée, leur statut juridique en tant qu'enfants en conflit avec la loi pourrait modifier les modalités de leur poursuite. L'agence maintient toutefois que la qualification de tentative de traite humaine demeure établie, indépendamment de l'issue de cette vérification d'identité.