La recrudescence de la violence dans l'État du Plateau, au centre du Nigeria, a franchi un nouveau cap ce week-end avec l'assassinat d'un responsable religieux et une série d'attaques armées. Ces événements, survenus entre vendredi soir et samedi, illustrent la persistance d'une insécurité chronique qui frappe les populations civiles malgré les opérations de maintien de l'ordre en cours.
L'enlèvement tragique sur l'axe Jos-Bokkos
Le pasteur Hills Emmanuel, fondateur du ministère évangélique « The Wonderful Grace of God », a été retrouvé mort samedi matin, quelques heures après son enlèvement. Il voyageait à bord d'un transport en commun reliant Jos à Bokkos en compagnie d'un autre clerc, Gabriel Dipak, de l'Église apostolique du Christ. Si les assaillants ont libéré les autres passagers après avoir dérobé leurs effets personnels, les deux hommes d'Église ont été retenus. À ce jour, le sort du pasteur Dipak demeure incertain, les ravisseurs ayant pris contact avec sa famille sans que les détails d'une éventuelle demande de rançon ne soient confirmés.
Une vague d'attaques simultanées dans trois districts
Parallèlement à ce drame, plusieurs localités des zones de gouvernement local de Riyom, Barkin Ladi et Mangu ont été la cible d'agressions armées. Le bilan humain s'alourdit avec le décès de quatre autres personnes dans ces attaques distinctes : une femme a été tuée dans le village de Fang, tandis que deux autres individus ont péri à Radura. Un habitant de Chakfem a également été blessé. Ces violences, survenues dans un intervalle de temps très court, portent le bilan total de ce week-end à cinq morts.
Le défi de la réponse sécuritaire officielle
L'absence de communication officielle immédiate de la part du commandement de la police de l'État du Plateau souligne la difficulté d'établir les responsabilités dans ce contexte complexe. Le porte-parole de la police, Alfred Alabo, n'a pas répondu aux sollicitations visant à confirmer les faits ou à identifier les auteurs de ces actes. Aucune preuve ne permet pour l'heure de lier formellement ces différentes attaques à un groupe unique, laissant planer le doute sur la coordination des assaillants. Cette série d'incidents vient renforcer le sentiment d'impuissance des communautés locales face à une insécurité qui, malgré les déploiements sécuritaires, continue de menacer la stabilité de la région.