Une presse libre et indépendante n’est pas un luxe offert par la démocratie, mais une nécessité absolue pour bâtir une nation. C’est le message fort porté par Edmond Moukala, représentant de l’UNESCO au Ghana, lors du 77e anniversaire de l’Association des journalistes ghanéens (GJA).
Les faits essentiels
Lors d’un symposium à Accra, Edmond Moukala a réaffirmé que la liberté de la presse constitue le fondement même de la construction nationale, bien au-delà d’un simple privilège démocratique. Il a souligné le rôle historique des médias dans l’évolution politique du Ghana, depuis la lutte pour l’indépendance jusqu’à l’ancrage de la gouvernance démocratique.
Le représentant de l’UNESCO a également mis en avant la contribution des journalistes à des avancées majeures, comme la surveillance des élections, l’exposition de la corruption ou encore la garantie que les préoccupations citoyennes soient portées à l’attention des décideurs. Selon lui, ces actions ont permis de faire de la redevabilité une réalité tangible dans le pays.
Cependant, Moukala a appelé les professionnels des médias à une introspection critique pour adapter leur pratique aux défis de l’ère numérique, tout en préservant les principes fondateurs de la profession.
Pourquoi c'est important
Cette déclaration intervient dans un contexte où la stabilité démocratique du Ghana est souvent citée comme un modèle en Afrique. La reconnaissance du rôle central des médias dans ce processus renforce l’idée que la liberté de la presse n’est pas un simple droit, mais un outil indispensable au développement et à la cohésion sociale. En effet, une presse indépendante permet non seulement de contrôler le pouvoir, mais aussi de façonner la conscience collective et de donner une voix aux aspirations populaires.
L’accent mis sur la nécessité de préserver ces principes à l’ère du numérique souligne aussi un enjeu de taille : comment concilier innovation technologique et éthique journalistique pour continuer à servir l’intérêt public ?
Ce qu'il faut surveiller
Plusieurs pistes émergent des propos de Moukala. D’abord, l’adaptation des médias aux nouvelles réalités numériques, notamment en développant des outils innovants pour maintenir leur pertinence. Ensuite, la capacité des journalistes à concilier rapidité de l’information et rigueur, dans un paysage médiatique de plus en plus fragmenté.
Enfin, la question de la redevabilité des médias eux-mêmes sera cruciale : comment garantir que leur indépendance ne soit pas compromise par des pressions économiques ou politiques, tout en répondant aux attentes d’un public de plus en plus exigeant ? Ces défis, bien que non résolus, dessinent les contours de l’avenir du journalisme au Ghana et en Afrique.