Une action en justice déposée devant un tribunal fédéral en Californie secoue le secteur de l'intelligence artificielle. Des utilisateurs accusent OpenAI, Google DeepMind, Anthropic et xAI d'avoir orchestré une entente illégale pour ralentir volontairement leurs recherches, une stratégie qui, selon les plaignants, porte atteinte à la concurrence et dévalue les services payants auxquels ils ont souscrit.
Une entente présumée au détriment des utilisateurs
La plainte, enregistrée le 12 septembre, soutient que les leaders du marché ont conclu un pacte secret en juillet 2026. Selon les plaignants, ces entreprises auraient réalisé qu'aucune d'entre elles ne pouvait ralentir ses travaux individuellement sans risquer d'être distancée par ses concurrents. En s'entendant collectivement, ces géants auraient ainsi délibérément freiné le rythme d'innovation promis aux consommateurs. Les avocats des plaignants soulignent que si le droit autorise une entreprise à décider seule de sa prudence, il interdit formellement à des concurrents de s'accorder pour limiter la compétition au motif qu'elle serait devenue trop dangereuse.
La sécurité comme argument de régulation
Face aux critiques, les dirigeants d'Anthropic, d'OpenAI et de Google DeepMind justifient leur appel à la pause par des impératifs de sécurité. Dario Amodei, patron d'Anthropic, a notamment évoqué le risque que des agents autonomes prennent le contrôle d'Internet à court terme. Pour légitimer cette démarche, ces entreprises plaident pour la mise en place d'un cadre fédéral supervisé par Washington, incluant des audits indépendants et une coopération internationale élargie. L'objectif affiché est de transformer ces accords privés en une politique publique encadrée, afin d'éviter une course effrénée jugée périlleuse pour l'humanité.
Un secteur divisé sur la stratégie de développement
Cette initiative ne fait pas l'unanimité au sein de l'écosystème technologique. Des acteurs majeurs comme Meta, ainsi que des entreprises comme Nvidia, refusent de s'inscrire dans cette dynamique de ralentissement. Cette position est soutenue par le président Donald Trump, qui voit dans ces appels à la régulation une menace pour la compétitivité américaine face à la Chine. Le chef de l'État a d'ailleurs qualifié ces manœuvres de « conspiration », craignant qu'une réglementation trop stricte ne fragilise la viabilité économique des entreprises leaders du secteur.