Après la découverte de neuf corps féminins en quelques semaines dans la région de Johannesburg, des citoyennes ont initié une pétition pour obliger le gouvernement à créer une unité permanente d’enquête sur les meurtres et viols en série, afin de rompre le cycle de l’impunité.
Une vague de féminicides secoue Johannesburg
Depuis le début de l’été 2026, neuf femmes ont été retrouvées mortes dans la métropole de Johannesburg, suscitant l’inquiétude d’une population déjà confrontée à des taux élevés de violences sexistes. Les autorités policières n’ont pas encore confirmé l’existence d’un tueur en série, malgré les similitudes relevées par les familles et les associations de défense des droits des femmes. Cette absence de reconnaissance officielle alimente le sentiment d’insécurité, notamment parmi les jeunes femmes qui dénoncent le discours récurrent les invitant à « être plus prudentes » plutôt qu’à garantir leur protection.
La pétition d’Amandla.mobi et ses revendications
Portée par Deminkha Pillay, 24 ans, et son collectif Amandla.mobi, la pétition s’adresse aux ministres de la Police et des Finances. Elle demande la mise en place d’une structure permanente, dotée d’un budget dédié, capable d’enquêter toute l’année sur les meurtres et viols en série, au lieu d’interventions ponctuelles déclenchées par la médiatisation d’un nouveau cas. Les signataires, au nombre de plusieurs centaines, insistent sur la nécessité d’analyser les schémas criminels qui se répètent à travers différents commissariats, afin d’identifier rapidement les modes opératoires et d’intervenir de façon coordonnée.
Le texte de la pétition cite également l’arrestation récente de deux suspects de viols en série dans la province du KwaZulu‑Natal, accusés respectivement de 14 et 16 agressions. Ces faits renforcent l’argument selon lequel la détection précoce de comportements récurrents est entravée par la fragmentation des enquêtes locales.
Enjeux et perspectives pour la sécurité des femmes en Afrique du Sud
Le président Cyril Ramaphosa a qualifié les violences faites aux femmes de « désastre national » l’an dernier, mais les mesures concrètes restent limitées. La création d’une unité spéciale permanente pourrait répondre à plusieurs lacunes : centralisation des données, formation de spécialistes du profilage criminel, et allocation de ressources financières stables. Toutefois, la pétition doit encore être présentée officiellement aux ministères concernés, et son succès dépendra de la volonté politique de transformer les revendications citoyennes en législation budgétaire.
Si le gouvernement accepte la proposition, cela marquerait une première étape vers une réponse institutionnelle plus structurée aux féminicides, tout en offrant aux victimes et à leurs familles une lueur d’espoir quant à la reconnaissance et à la prévention de ces crimes. Dans le cas contraire, les mobilisations publiques risquent de s’intensifier, rappelant que la sécurité des femmes demeure un enjeu central pour la cohésion sociale et le développement durable en Afrique du Sud.