Lors de la 63e session du Conseil des droits de l'homme à Genève, l’ONG Africa Culture International a dénoncé le programme « Vacances en paix » qui envoie chaque année des milliers d’enfants sahraouis des camps de Tindouf vers des familles d’accueil en Espagne. Elle réclame une enquête indépendante pour garantir que l’initiative ne serve pas d’instrument d’exploitation ou de propagande politique.
Fonctionnement du programme « Vacances en paix »
Le dispositif prévoit que des enfants vivant dans les camps de réfugiés sahraouis en Algérie soient transportés en Espagne pour séjourner chez des familles d’accueil pendant les vacances. Selon l’ONG, le processus de sélection, les modalités de transport et les conditions d’accueil manquent de transparence, ce qui rend difficile le suivi de la protection des mineurs.
Risque d’exploitation et d’instrumentalisation
Africa Culture International souligne que la vulnérabilité économique et sociale des familles sahraouies et des familles d’accueil espagnoles crée un terrain propice à d’éventuelles formes d’exploitation commerciale ou à la manipulation idéologique. L’organisation évoque même la possibilité que certaines pratiques puissent relever du crime de traite des êtres humains, au regard des données disponibles.
Enjeux liés aux droits de l’enfant et à l’identité culturelle
Le déplacement de ces enfants soulève des questions de protection des droits fondamentaux, notamment le droit à la sécurité, à l’éducation et à la préservation de leurs repères culturels et linguistiques. L’ONG met en garde contre une rupture avec la langue, la famille et les références culturelles, d’autant plus sensible dans le contexte du débat historique sur la colonisation espagnole du Sahara.
Appel à l’intervention des instances internationales
Face à ces constats, Africa Culture International a demandé au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et aux mécanismes compétents d’ouvrir rapidement une enquête indépendante. L’objectif est de vérifier l’existence de garanties sécuritaires et éthiques suffisantes, afin d’empêcher que l’action humanitaire ne devienne un couvert pour des agendas politiques ou la dilution de l’identité sahraouie.