La localité de Tofa, située dans la zone de gouvernement local de Rabah, a été la cible d'une attaque armée entre la nuit de dimanche et le lundi matin. Ce raid, marqué par des pertes en vies humaines, des enlèvements de masse et le vol de bétail, survient à peine une semaine après une opération militaire visant à contrer la progression de groupes armés dans la même région.
Un bilan humain encore incertain
Les autorités policières de l'État de Sokoto, par la voix de leur porte-parole Ahmad Rufai, ont confirmé la survenue de l'attaque sans toutefois être en mesure de fournir un bilan consolidé. Les estimations divergent selon les sources locales et médiatiques : certains rapports font état d'au moins sept à dix personnes tuées, tandis que le nombre de résidents enlevés oscille entre 27 et 40 individus. Cette confusion sur les chiffres illustre la difficulté d'accès et de sécurisation des zones rurales touchées par ces incursions répétées.
Une zone sous tension persistante
L'attaque de Tofa s'inscrit dans une dégradation sécuritaire continue dans la zone de Rabah depuis le mois de juin. Le district de Ghandi et la localité de Maikujera ont été le théâtre de multiples violences, incluant des assassinats d'agriculteurs et des enlèvements. Malgré une intervention militaire le 30 août dernier, où les troupes de l'opération FANSAN YAMMA avaient réussi à intercepter un groupe armé près du pont de Ghandi et à récupérer du matériel de guerre, la menace n'a pas été neutralisée.
L'extension des violences dans l'État
La situation sécuritaire ne se limite pas à Rabah. Le 4 septembre, les autorités ont également confirmé le décès de cinq personnes lors d'attaques dans la zone de gouvernement local de Kebbe. Ces violences surviennent dans un contexte où des groupes armés imposent des pressions financières illégales aux populations locales, exigeant notamment des prélèvements sous peine de représailles. Si les forces de sécurité maintiennent des opérations de recherche et de réponse, la récurrence de ces incidents souligne l'ampleur du défi sécuritaire auquel font face les autorités de Sokoto pour protéger les citoyens et leurs moyens de subsistance.