Une incursion meurtrière attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) a frappé la localité de Cantine-Aloya, située à l'ouest de Beni, dans la nuit du 5 au 6 novembre. Ce massacre, qui a coûté la vie à au moins 24 civils, souligne la persistance de l'insécurité dans cette zone du Nord-Kivu malgré les opérations militaires en cours.
Un bilan humain et matériel lourd
L'attaque, survenue aux alentours de 23 heures, a visé plusieurs quartiers de la localité, dont Lubumbashi, Kananga et Yambi-Yaya, ainsi que le centre commercial. Outre le bilan humain provisoire de 24 morts, les assaillants ont procédé à l'incendie systématique de nombreuses habitations et commerces avant de se replier vers les zones forestières environnantes. Cette destruction des infrastructures locales fragilise davantage le tissu socio-économique de la région, déjà durement éprouvé par des années de violences récurrentes.
Déplacements de population et paralysie locale
Au lendemain du drame, la localité de Cantine-Aloya est restée paralysée, les activités commerciales ayant totalement cessé. Par crainte de nouvelles incursions, une partie de la population a entamé un exode vers des zones jugées plus sécurisées, notamment Mabalako et Kyatsaba. Ce mouvement de déplacés internes vient alourdir la crise humanitaire dans le territoire de Beni, où la protection des civils demeure un défi majeur pour les autorités et les forces de sécurité.
Réactions et opérations militaires
En réponse à cette tuerie, les forces conjointes composées des FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) et de l'UPDF (armée ougandaise), appuyées par des combattants Wazalendo, ont engagé des opérations de poursuite dans la forêt. La société civile locale a toutefois exprimé son incompréhension face à l'inefficacité des dispositifs préventifs. Selon les représentants locaux, des alertes concernant des mouvements suspects avaient été transmises aux autorités compétentes avant l'attaque, sans qu'un renforcement du dispositif sécuritaire ne soit déployé pour protéger les habitants.