Une nouvelle génération panafricaine s'organise pour exiger la souveraineté monétaire et des réparations

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 44 lectures
Une nouvelle génération panafricaine s'organise pour exiger la souveraineté monétaire et des réparations

Réunis à Accra le 5 septembre 2026, des représentants de la jeunesse du Ghana, du Mali, du Burkina Faso, du Niger et d'autres nations ont scellé la « Déclaration de Legon ». Ce texte fondateur marque la volonté de structurer un mouvement panafricain déterminé à rompre avec les mécanismes de domination économique hérités de l'ère coloniale.

Contestation du franc CFA et souveraineté monétaire

Au cœur des revendications figure une critique virulente du franc CFA, qualifié par les délégués de « laisse » entravant toute autonomie économique. Les participants dénoncent les accords monétaires contraignant les États africains à déposer leurs réserves dans des trésors étrangers, limitant ainsi leur capacité à définir des politiques nationales indépendantes. Pour cette génération, la souveraineté monétaire est présentée comme le socle indispensable de la nation, condition sine qua non pour reprendre le contrôle sur les ressources naturelles du continent, telles que l'or, le coton ou l'uranium.

Soutien à l'Alliance des États du Sahel

La Déclaration de Legon exprime un soutien explicite à l'Alliance des États du Sahel (AES). Les signataires considèrent les trajectoires actuelles du Mali, du Burkina Faso et du Niger comme un signal adressé aux forces progressistes du continent. Selon les délégués, ces pays démontrent qu'il est possible de s'affranchir des modèles imposés en reprenant la main sur la sécurité, la monnaie et le récit national. Le mouvement prévoit désormais de renforcer les liens entre la jeunesse ghanéenne et celle de l'espace sahélien pour coordonner leurs actions.

Exigence de réparations et audit de la dette

Le forum a également posé la question de la dette publique, décrite comme un héritage illégitime que cette génération refuse de porter. Les militants réclament un audit systématique et l'annulation des créances qu'ils jugent injustes. Parallèlement, ils exigent des réparations pour les préjudices coloniaux, soulignant que ces dernières ne doivent pas être perçues comme une aumône, mais comme une justice différée. Le journaliste et panafricaniste Kwesi Pratt Jnr, présent lors des échanges, a encouragé les jeunes à ne pas limiter leurs attentes au simple retour d'artefacts ou à des compensations financières, mais à viser une transformation structurelle de l'ordre mondial.

Vers une mobilisation citoyenne coordonnée

Loin de se limiter à une déclaration d'intention, les participants se sont engagés à transformer ce forum en une campagne de long terme. Leurs méthodes incluront des manifestations pacifiques, des campagnes de sensibilisation sur les campus et une mise en réseau accrue avec la diaspora. L'objectif affiché est de maintenir une pression constante sur les dirigeants et les institutions, tout en éduquant les populations sur les mécanismes d'extraction néocoloniale, afin d'inscrire cette lutte dans l'héritage politique de Kwame Nkrumah.

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