La publication d'une note confidentielle attribuée à l'ancien ministre de l'Énergie, Birame Souleye Diop, vient bousculer la chronologie établie dans l'affaire de l'Agence sénégalaise d'électrification rurale (ASER). Ce document, daté du 26 août 2024, place le gouvernement face à de nouvelles questions sur la gestion des fonds publics et la transparence des alertes reçues par les autorités.
Les zones d'ombre sur l'avance de démarrage
Au cœur des accusations portées par Thierno Alassane Sall figure le détournement présumé d'une partie de l'avance de démarrage du contrat ASER. Selon les éléments avancés, une fraction de ces fonds aurait été réorientée vers le paiement de primes liées à la SONAC. Si ces allégations restent à ce jour soumises à la rigueur de l'instruction judiciaire, la note apporte un éclairage nouveau sur la connaissance qu'avaient les autorités de ces flux financiers avant même les alertes publiques des partenaires internationaux.
La confrontation des déclarations au sommet de l'État
L'enjeu politique est majeur : si l'authenticité du document est confirmée, il pourrait contredire les prises de parole du Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait réfuté l'existence d'un « scandale ASER ». La chronologie suggère que le chef du gouvernement aurait pu être informé des irrégularités dès août 2024, soit avant les alertes formelles de la banque espagnole Santander. Cette pièce vient s'ajouter aux déclarations antérieures de Thierno Alassane Sall concernant des rencontres entre le Premier ministre et des représentants de Santander en décembre 2024.
L'ouverture d'une information judiciaire
Face à la persistance des accusations, le dossier a franchi une étape décisive avec la saisine du parquet financier en octobre 2025. Le Parquet judiciaire financier a officiellement ouvert une information judiciaire pour examiner les faits dénoncés. Les investigations devront désormais établir la véracité du document, identifier ses destinataires réels et déterminer si les flux financiers décrits correspondent à des infractions pénales. À ce stade, la justice rappelle que la simple existence d'une note administrative ne préjuge en rien d'une culpabilité, les enquêteurs devant encore confirmer la réalité des circuits financiers et les suites données aux alertes internes.