Une mutinerie militaire secoue Niamey alors que la junte au pouvoir affirme avoir repris le contrôle de la situation

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 38 lectures
Une mutinerie militaire secoue Niamey alors que la junte au pouvoir affirme avoir repris le contrôle de la situation

La capitale nigérienne a été le théâtre d'une mutinerie militaire marquée par des échanges de tirs nourris aux premières heures de la journée de samedi. Si les autorités militaires au pouvoir affirment avoir progressivement rétabli l'ordre, la situation demeure sous haute surveillance alors que des éléments dissidents occuperaient encore des casernes stratégiques.

Des affrontements autour de sites névralgiques

Les hostilités ont débuté peu après minuit, ciblant des infrastructures hautement sensibles de Niamey. Des soldats mutins ont notamment tenté de pénétrer dans l'enceinte du palais présidentiel, avant d'être repoussés par la garde présidentielle. Parallèlement, l'accès à la station de télévision nationale, Tele Sahel, a été bloqué pendant plusieurs heures, interrompant sa diffusion jusqu'en milieu de matinée. Le ministre de la Défense, le général Salifou Mody, a confirmé que des troupes avaient été prises en otage dans une caserne de la capitale et que des tirs avaient visé plusieurs points stratégiques de la ville.

Le point de tension de la Base 101

Malgré les déclarations officielles faisant état d'un retour au calme, des sources diplomatiques et sécuritaires régionales indiquent que des soldats rebelles maintiennent leur position dans deux casernes, dont celle de la Base 101. Située à proximité immédiate de l'aéroport international, cette infrastructure revêt une importance capitale : elle abrite le quartier général de l'Africa Corps russe à Niamey ainsi que le commandement de la force unifiée de l'Alliance des États du Sahel (AES). La zone, déjà ciblée par des groupes jihadistes à deux reprises cette année, reste un point de vigilance majeur pour la stabilité du pays.

Un contexte sécuritaire sous haute pression

Cette tentative de déstabilisation survient dans un climat déjà fragilisé par une décennie de violences jihadistes, auxquelles le régime du général Abdourahamane Tiani tente de faire face depuis trois ans. Le Niger, aux côtés du Mali et du Burkina Faso, a opéré un virage géopolitique majeur en quittant la CEDEAO et en rompant ses partenariats militaires traditionnels avec les puissances occidentales au profit d'un rapprochement avec la Russie. Alors que les autorités appellent la population au calme, cet événement souligne la fragilité persistante de l'appareil sécuritaire national face aux menaces internes et aux rivalités entre groupes armés opérant dans la région du Sahel.

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