Une marche de sept kilomètres organisée le 15 août 2026 à Accra a mis en lumière l'exposition préoccupante des citadins à la pollution atmosphérique. En utilisant des capteurs portatifs, les participants ont collecté des données en temps réel, révélant des disparités marquées de la qualité de l'air selon les zones urbaines traversées.
Des mesures dépassant les recommandations sanitaires
L'initiative, baptisée « Roots & Routes », a permis de mesurer les particules fines PM2.5, connues pour leur capacité à pénétrer profondément dans les poumons. Si la moyenne enregistrée durant les deux heures de marche s'est établie à 28 microgrammes par mètre cube, ce chiffre dépasse largement la recommandation de l'Organisation mondiale de la santé, qui préconise une moyenne maximale de 15 microgrammes par mètre cube sur 24 heures. Ces données soulignent un enjeu de santé publique majeur pour les résidents qui se déplacent quotidiennement dans la capitale ghanéenne.
L'impact direct du trafic et des pratiques illégales
L'analyse du parcours a révélé une corrélation directe entre l'environnement immédiat et la qualité de l'air. Sur la Liberation Road, les niveaux de pollution ont grimpé en flèche au passage de véhicules fortement émetteurs, atteignant par moments plus de 100 microgrammes par mètre cube. Le pic le plus alarmant, mesuré à 107 microgrammes, a été relevé à proximité de l'ambassade du Niger, où les participants ont constaté des activités de brûlage à l'air libre de déchets, une pratique pourtant prohibée par la loi ghanéenne sur la protection de l'environnement de 2025.
Vers une planification urbaine axée sur la santé
Pour les organisateurs, cette démarche citoyenne vise à ancrer le débat sur la qualité de l'air dans l'expérience vécue des habitants. En documentant ces variations locales, les collectifs Global Shapers Accra Hub et UrbanBetter entendent fournir des preuves tangibles pour influencer les politiques publiques. L'objectif est de plaider pour une transformation des espaces urbains, afin de garantir des environnements où la mobilité active ne se fait pas au détriment de la santé respiratoire des citoyens.