Le président américain Donald Trump a laissé une loi historique sur le logement entrer en vigueur sans la signer, malgré ses protestations contre l'absence de législation sur l'identité électorale.
Le chef de l’État avait précédemment refusé de promulguer cette loi en signe de protestation contre l’échec du Congrès à adopter une loi sur l’identification des électeurs. Cependant, il n’a pas exercé son droit de veto sur le texte relatif au logement, permettant ainsi son adoption automatique.
Selon des experts, cette législation représente l’action la plus complète du Congrès au XXIe siècle pour réduire les coûts du logement pour les locataires et les acheteurs. Les Américains expriment depuis des années leur frustration face à la hausse des prix de l’immobilier, dans un contexte marqué par des pénuries persistantes de logements.
En juin, les deux chambres du Congrès avaient approuvé à une large majorité le texte, intitulé *21st Century Road to Housing Act*, dans un rare moment d’accord bipartisan. Des observateurs soulignent que cette avancée législative intervient après des années de blocages sur les questions de l’offre et de l’accessibilité du logement.
Un sondage réalisé plus tôt dans l’année par le Bipartisan Policy Center (BPC) révélait que 89 % des électeurs, toutes tendances politiques confondues, réclamaient une action du Congrès pour rendre le logement plus abordable. Dennis Shea, membre de cette organisation, a qualifié l’adoption de cette loi de « véritable étape historique », soulignant que les Américains avaient clairement exprimé leur attente en la matière.
Donald Trump, qui a multiplié les allégations infondées de fraude électorale ayant faussé les résultats des scrutins américains, avait conditionné sa signature à l’adoption préalable d’une loi exigeant une pièce d’identité et une preuve de citoyenneté pour voter. Le président avait annulé une cérémonie de signature du texte sur le logement et réitéré son opposition jusqu’à ce que le Congrès donne suite à ses revendications.
Les républicains, qui détiennent des majorités étroites à la Chambre des représentants et au Sénat, ont indiqué qu’il n’y avait pas suffisamment de soutien pour faire adopter cette mesure. Les démocrates, de leur côté, estiment qu’une telle loi risquerait de priver de leurs droits des électeurs éligibles. Après la publication par Donald Trump d’un message sur les réseaux sociaux annonçant qu’il ne signerait pas le texte, plusieurs élus démocrates ont critiqué cette position, accusant les républicains de privilégier les restrictions électorales à l’accessibilité du logement.
Le texte adopté vise à la fois à réduire les coûts et à augmenter l’offre de logements, alors que les États-Unis font face à une pénurie persistante depuis plusieurs années. Il comprend plus de quarante mesures, dont des dispositions facilitant la construction de nouveaux logements et limitant les achats de maisons individuelles par des investisseurs institutionnels à l’échelle nationale.
Cette initiative intervient dans un contexte où le prix médian des logements existants a atteint un niveau record en juin, selon les données de l’Association nationale des agents immobiliers. Les taux d’intérêt élevés et l’inflation aggravent par ailleurs la difficulté pour de nombreux ménages américains d’accéder à la propriété, alors que le revenu médian des ménages reste inférieur au seuil nécessaire pour acheter un logement moyen.