La justice américaine a porté un coup d'arrêt aux tentatives de l'administration Trump de sanctionner des étudiants étrangers pour leurs prises de position sur le conflit à Gaza. Dans une décision marquante, la juge fédérale Noel Wise a estimé que le gouvernement avait violé les droits constitutionnels des non-citoyens en utilisant la menace de l'expulsion pour réprimer la liberté d'expression.
Une atteinte aux libertés fondamentales
La décision, rendue en Californie, souligne que la liberté d'expression aux États-Unis ne saurait être limitée par le statut migratoire des individus. La juge Wise a fermement rejeté l'argumentaire du Département d'État et du Département de la Sécurité intérieure, qui justifiaient ces mesures par l'Immigration and Nationality Act. Ce texte permet théoriquement d'exclure des ressortissants étrangers dont la présence pourrait nuire à la politique étrangère américaine. Pour la magistrate, cette interprétation constitue une « application discriminatoire » visant spécifiquement les voix critiques envers le gouvernement ou ses alliés.
La fin d'une politique de représailles
Le litige trouve son origine dans une série de détentions et de révocations de visas débutées en mars 2025, notamment à l'encontre de Mahmoud Khalil, étudiant à l'Université Columbia. Ces mesures ont instauré un climat de peur sur les campus, poussant de nombreux étudiants étrangers à l'autocensure par crainte de perdre leur droit de séjour. La plainte, portée par la Foundation for Individual Rights and Free Expression (FIRE), mettait en lumière le cas de journalistes étudiants étrangers ayant renoncé à couvrir les manifestations pro-palestiniennes pour protéger leur statut.
Un précédent juridique renforcé
Ce jugement s'inscrit dans une série de revers judiciaires pour l'administration Trump sur ce dossier. Déjà en septembre 2025, un tribunal du Massachusetts avait qualifié d'illégale la campagne de déportation visant des universitaires et étudiants engagés. En qualifiant la liberté d'expression de droit inaliénable plutôt que de privilège, la juge Wise réaffirme la primauté du Premier Amendement de la Constitution américaine sur les décisions discrétionnaires du Secrétaire d'État, Marco Rubio. Cette jurisprudence limite désormais la capacité de l'exécutif à utiliser l'appareil migratoire comme un outil de répression politique contre les voix dissidentes sur le sol américain.