La journaliste nigériane Zainab Bala a récemment révélé les difficultés rencontrées lors de sa collaboration avec le programme « GIST Nigeria », une émission coproduite par la BBC et Channels Television. Elle affirme avoir subi des pressions concernant le port du hijab à l'antenne, un sujet qui soulève des questions persistantes sur l'inclusion et la liberté religieuse dans les médias professionnels du pays.
Des tensions autour de l'apparence à l'écran
Zainab Bala, journaliste primée et fondatrice de The Scoop Storytelling Initiative, explique que son choix de porter le hijab a fait l'objet de discussions dès son recrutement en 2023. Selon son témoignage, la diffusion de son premier épisode a été retardée pendant plusieurs semaines, une situation qu'elle attribue à des désaccords entre la BBC et son partenaire local, Channels Television. La journaliste soutient que la chaîne nigériane aurait exprimé une réticence à projeter une image de présentatrice portant le voile, une allégation formellement démentie par la direction de Channels Television, qui affirme respecter la diversité religieuse et rejette toute accusation de discrimination.
Allégations de harcèlement et conditions de travail
Au-delà de la question du hijab, Zainab Bala évoque un environnement de travail délétère, décrivant une période de neuf mois marquée par ce qu'elle qualifie de « harcèlement mental et émotionnel » de la part de son éditeur. Ces tensions, cumulées aux débats sur son apparence, ont conduit à son départ de l'organisation. Si la BBC a réagi en soulignant son engagement pour un environnement de travail inclusif et en précisant que les allégations de harcèlement font systématiquement l'objet d'enquêtes internes, elle n'a pas souhaité commenter les détails spécifiques de ce dossier RH.
Un débat récurrent sur l'espace public nigérian
Ce cas individuel s'inscrit dans une problématique plus large au Nigeria, où le port du hijab dans les institutions professionnelles a déjà fait l'objet de batailles juridiques significatives. Par le passé, des décisions de justice, notamment celle du Tribunal industriel national en 2019, ont rappelé que le refus d'accès à un emploi ou à une opportunité professionnelle en raison du port du voile constitue une violation de la Constitution. Pour Zainab Bala, son maintien au sein de l'équipe, malgré les obstacles, visait avant tout à ouvrir des perspectives pour d'autres femmes musulmanes dans les médias, afin qu'elles puissent exercer leur métier sans avoir à renoncer à leur identité religieuse.