Une innovation du MIT permet de produire de l'eau potable à partir de l'air sans électricité

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 2 lectures
Une innovation du MIT permet de produire de l'eau potable à partir de l'air sans électricité

Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ont mis au point un collecteur d'eau atmosphérique capable de fonctionner sans électricité ni système de filtration complexe. Ce dispositif, dont la taille équivaut à celle d'une fenêtre, utilise les propriétés de l'hydrogel pour extraire l'humidité de l'air, offrant une perspective technologique pour les zones souffrant d'insécurité hydrique.

Un mécanisme passif inspiré de l'origami

Le cœur de cette innovation repose sur un panneau vertical composé d'un hydrogel structuré en petits dômes, une forme inspirée de l'origami qui maximise la surface d'exposition. Ce matériau intègre du chlorure de lithium, un sel capable de capturer la vapeur d'eau, et une encre noire qui convertit le rayonnement solaire en chaleur. Le cycle de production est entièrement passif : durant la nuit, l'hydrogel absorbe l'humidité ambiante, tandis que le jour, la chaleur solaire provoque l'évaporation de l'eau piégée, qui se condense ensuite sur une vitre froide pour être collectée sous forme liquide.

Des résultats probants en milieu aride

Pour valider l'efficacité du dispositif, l'équipe a mené des tests dans la Vallée de la Mort, en Californie, une région caractérisée par une aridité extrême. Durant une semaine, un panneau d'un demi-mètre carré a produit quotidiennement entre 57 et 161 millilitres d'eau, même lorsque le taux d'humidité descendait à 18 %. Un point crucial de cette étude, publiée dans la revue Nature Water, est la sécurité sanitaire : l'ajout de glycérol dans la matrice permet de stabiliser le sel et de maintenir la concentration en lithium bien en dessous des seuils de toxicité définis par l'Organisation mondiale de la santé.

Un levier pour les zones isolées

Avec 2,2 milliards de personnes privées d'accès à une eau potable sûre, cette technologie représente une solution décentralisée potentielle pour les régions dépourvues d'infrastructures. Les chercheurs estiment qu'un assemblage de huit panneaux pourrait couvrir les besoins vitaux d'un adulte. Si des essais sont prévus au Maroc et à Singapour, le passage à une échelle industrielle reste un défi majeur. Les experts soulignent que, bien que prometteur, ce dispositif ne constitue pas une solution miracle, mais un outil complémentaire pour répondre aux besoins en eau dans les environnements les plus contraints.

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