Une frappe de drone survenue le 9 octobre près du site de déplacés d'Abu Shandi, dans l'État du Nil Bleu, a causé la mort d'au moins 30 à 41 personnes, dont plusieurs enfants. Cet acte, qui frappe une population vulnérable, souligne l'aggravation de la crise sécuritaire dans cette région frontalière de l'Éthiopie.
Des bilans humains lourds et incertains
Les estimations du nombre de victimes varient selon les sources locales, illustrant la difficulté d'établir un bilan précis dans une zone de conflit. Le groupe Emergency Lawyers fait état de 41 décès, incluant huit enfants, tandis que le Sudan Doctors Network dénombre 31 morts et 19 blessés. De son côté, le gouvernement régional du Nil Bleu confirme un bilan d'au moins 30 victimes. Ces disparités de chiffres, non encore arbitrées par une autorité indépendante, témoignent de la violence de l'attaque menée contre un rassemblement de déplacés situé à proximité d'un site d'orpaillage informel dans la localité de Wad al-Mahi.
Accusations contre les Forces de soutien rapide
Les organisations locales ainsi que les autorités régionales ont formellement attribué cette frappe aux Forces de soutien rapide (FSR). À ce jour, le mouvement paramilitaire n'a émis aucune réaction officielle face à ces accusations. Cette attaque s'inscrit dans un contexte de dégradation sécuritaire marquée, le Nil Bleu ayant subi une autre frappe meurtrière seulement deux jours auparavant, le 7 octobre, visant des habitations et une mosquée à Damazin, causant la mort d'au moins quatre femmes.
La condamnation de la communauté internationale
Face à ce drame, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies a exprimé sa vive condamnation. Denise Brown, coordinatrice humanitaire de l'ONU au Soudan, a qualifié l'événement de violation flagrante du droit international humanitaire, exigeant que les auteurs de ces actes répondent de leurs responsabilités. Cette escalade intervient alors que l'armée soudanaise avait déployé des renforts dans l'État du Nil Bleu dès le début du mois de septembre, tentant de contenir l'avancée des paramilitaires et de leurs alliés dans cette zone stratégique.