Des révélations récentes suggèrent que le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, aurait personnellement alerté le Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou d'une menace imminente du Hamas dix jours avant l'attaque du 7 octobre 2023. Ces informations, qui font l'objet d'un vif démenti de la part du cabinet israélien, soulèvent des questions cruciales sur la gestion des renseignements stratégiques au sommet de l'État hébreu.
Le circuit de l'alerte depuis Gaza
Selon des éléments rapportés par une enquête journalistique, l'alerte aurait transité par un responsable du Fatah ayant eu vent des intentions de Yahya Sinouar, le chef du Hamas à Gaza. Ce dernier préparait alors une opération d'envergure qualifiée de « séisme ». L'information aurait été transmise à Abou Dhabi via un conseiller proche de Mohammed ben Zayed. Une première alerte aurait été communiquée au chef du Shin Bet, Ronen Bar, dès le 15 septembre 2023, avant que le président émirati ne cherche à confirmer directement auprès de Benjamin Nétanyahou que le message avait été reçu.
Un échange téléphonique contesté
Lors d'un entretien sécurisé, Mohammed ben Zayed aurait exhorté le Premier ministre israélien à prendre la menace au sérieux. En réponse, Benjamin Nétanyahou aurait assuré que son pays était préparé à tout scénario, tout en minimisant les risques en affirmant que le Hamas se concentrait davantage sur la Cisjordanie. Le cabinet du Premier ministre a formellement réfuté ces allégations, qualifiant ces révélations de « mensonge absolu » et niant tout échange de cette nature durant la période précédant l'attaque.
Le poids des failles sécuritaires
L'aspect le plus sensible de ces révélations réside dans le fait que cet avertissement, s'il est avéré, n'aurait pas été partagé avec les hauts responsables de la sécurité israélienne. L'ancien chef d'état-major de Tsahal, Herzi Halevi, ainsi que le chef du Shin Bet, ont affirmé ne pas avoir eu connaissance de cette communication. Pour les observateurs, cette information aurait pu constituer un signal d'alerte déterminant pour renforcer la vigilance des services de renseignement.
Un enjeu politique persistant
Cette polémique s'inscrit dans un contexte de forte tension politique en Israël, où la question des responsabilités liées aux failles du 7 octobre reste un sujet brûlant. Depuis près de trois ans, une partie de l'opposition et des familles de victimes réclament la mise en place d'une commission d'enquête officielle indépendante. Benjamin Nétanyahou s'est jusqu'ici opposé à cette demande, maintenant le débat sur la gestion sécuritaire au cœur de la vie publique nationale.