Une écrivaine offre de payer à vie le loyer d’une retraitée de 87 ans à Madrid, mais le fonds propriétaire refuse et lance l’expulsion

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 32 lectures
Une écrivaine offre de payer à vie le loyer d’une retraitée de 87 ans à Madrid, mais le fonds propriétaire refuse et lance l’expulsion

Maricarmen, 87 ans, résidait depuis 71 ans dans le même appartement du quartier de Retiro à Madrid lorsqu’une offre de paiement à vie du loyer, proposée par une écrivaine anonyme, a été rejetée par le fonds propriétaire, entraînant son expulsion définitive.

Une hausse de loyer qui rend l’appartement intenable

Depuis 1956, la famille de Maricarmen louait le logement pour 500 euros mensuels. En 2018, le bâtiment a été racheté par le fonds d’investissement Urbagestión Desarrollo e Inversión, qui a immédiatement révisé le loyer à 2 650 euros, soit plus du double du revenu de retraite de la senior, qui n’excède que 1 400 euros.

Offre d’une écrivaine et refus du propriétaire

Le mardi précédant l’expulsion, une écrivaine reconnue, qui a souhaité rester anonyme, a proposé de prendre en charge les 2 150 euros de différence chaque mois, garantissant ainsi le paiement du loyer jusqu’à la fin de la vie de Maricarmen. Le Syndicat des locataires de Madrid a relayé cette proposition, mais le fonds propriétaire a décliné, refusant même d’accorder un délai de quinze jours ou un mois pour organiser une sortie « digne ».

Procédure d’expulsion et réactions

Après trois reports de procédures judiciaires, l’expulsion a été exécutée le mercredi 23 septembre. Malgré la présence de centaines de manifestants devant l’immeuble, les forces de l’ordre ont évacué Maricarmen, handicapée et dépendante d’un fauteuil roulant, sur une civière avant de la conduire à l’hôpital. L’avocate de la senior, Beatriz Duro, a dénoncé le refus du fonds d’accepter une solution amiable, rappelant que la locataire n’avait jamais manqué à ses obligations de paiement.

Enjeux plus larges du logement social à Madrid

Ce cas illustre la tension croissante entre les fonds d’investissement, qui recherchent des rendements élevés, et les locataires vulnérables confrontés à des augmentations de loyer spectaculaires. Les organisations de défense des droits des locataires pointent du doigt une « marchandisation » du parc locatif, qui met en danger la stabilité résidentielle des personnes âgées et des ménages à faibles revenus. La situation de Maricarmen relance le débat sur la nécessité de réguler les hausses de loyer et d’instaurer des mécanismes de protection pour les locataires en situation de handicap.

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