Une découverte archéologique au Kurdistan irakien remet en question la nature pacifique des sociétés néandertaliennes

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 4 lectures
Une découverte archéologique au Kurdistan irakien remet en question la nature pacifique des sociétés néandertaliennes

La découverte d'un fossile vieux de 75 000 ans dans la grotte de Shanidar, au Kurdistan irakien, apporte un éclairage nouveau sur les comportements sociaux des Néandertaliens. L'analyse d'une omoplate perforée suggère qu'une lance en bois pourrait être à l'origine d'une blessure mortelle, renforçant l'hypothèse d'une violence interpersonnelle bien plus ancienne que les premières formes d'agriculture.

Une trace de violence préhistorique

Les restes, identifiés sous le nom de Shanidar A, présentent un orifice circulaire de 15 millimètres sur l'omoplate gauche. Selon les chercheurs de l'Université de Cambridge, la précision et la forme de cette lésion correspondent aux dommages causés par une lance en bois aiguisée ayant traversé la poitrine de l'individu. Si l'accident de chasse ou le tir ami restent des possibilités, la localisation et la nature de la blessure orientent les experts vers l'hypothèse d'une agression intentionnelle, potentiellement dirigée vers le cœur.

Au-delà du mythe de la société pacifique

Cette découverte s'inscrit dans un corpus croissant de preuves archéologiques contredisant l'idée que la violence organisée serait apparue uniquement avec la sédentarisation et l'agriculture. Des travaux menés en 2022 sur le site espagnol de la « Fosse aux Os » avaient déjà révélé des traumatismes crâniens récurrents sur des individus datant de 430 000 ans. La répétition de ces blessures sur des zones spécifiques du crâne suggère, là aussi, des actes de violence délibérés plutôt que des accidents fortuits.

Vers une réévaluation des conflits anciens

Le débat scientifique se déplace désormais sur la fréquence et la nature de ces interactions violentes au sein des populations préhistoriques. Si les preuves actuelles ne permettent pas d'affirmer l'existence de guerres organisées à cette époque, elles démontrent que les mises à mort individuelles faisaient partie intégrante de la réalité sociale des Néandertaliens. Ces éléments obligent les anthropologues à reconsidérer la chronologie de l'agressivité humaine, suggérant que les conflits interpersonnels sont une constante bien plus profonde de notre histoire évolutive que ce que laissait supposer le consensus scientifique jusqu'à présent.

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