Une cyberattaque massive contre des systèmes frigorifiques paralyse la grande distribution en France

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 21 lectures
Une cyberattaque massive contre des systèmes frigorifiques paralyse la grande distribution en France

Une vague de cyberattaques d'une ampleur inédite a frappé le secteur de la grande distribution française dans la nuit du 11 au 12 octobre. En ciblant les systèmes de gestion frigorifique connectés, les assaillants ont provoqué la destruction de stocks de produits frais et surgelés, tout en déclenchant des départs de feu dans plusieurs points de vente.

Un sabotage ciblant la chaîne du froid

L'attaque a visé un prestataire technique commun à plusieurs enseignes : le fabricant danois Danfoss, dont les équipements de gestion frigorifique sont largement déployés dans le commerce de détail. En prenant le contrôle des systèmes à distance, les pirates ont fait grimper les températures des réfrigérateurs au-delà de 30 degrés, rendant les denrées impropres à la consommation. Le groupe des Mousquetaires (Intermarché et Netto) est le plus durement touché avec au moins 300 magasins affectés, suivi par Coopérative U, Leclerc et Monoprix, totalisant plusieurs centaines de sites impactés à travers le territoire.

Une menace systémique confirmée

Cet incident illustre la vulnérabilité croissante des infrastructures critiques face aux attaques par rebond via les prestataires de services. Cette méthode, qui permet une propagation rapide à l'échelle d'un secteur entier, avait été explicitement identifiée comme un risque majeur par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) dans son panorama 2025. Contrairement aux précédentes cyberattaques qui visaient principalement le vol de données clients — comme ce fut le cas pour Intermarché en août dernier ou Auchan l'année précédente —, cette intrusion a des conséquences physiques directes et immédiates sur l'approvisionnement alimentaire.

Enquête judiciaire et pertes financières

Le parquet de Paris a ouvert une enquête, confiée à l'Office anticybercriminalité (OFAC), pour faire la lumière sur cette opération. Les autorités cherchent désormais à établir un lien formel entre l'intrusion informatique et les dégâts matériels constatés, notamment les départs de feu signalés dans certains magasins. Si le bilan financier total n'est pas encore consolidé, les enseignes font déjà état de pertes se chiffrant en millions d'euros. Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, a qualifié cette attaque d'acte d'une « extrême gravité », soulignant le caractère inédit et inacceptable d'une offensive visant directement des équipements essentiels à la sécurité alimentaire des citoyens.

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