Une cyberattaque d'une ampleur inédite a frappé les systèmes de régulation frigorifique de centaines de supermarchés en France, provoquant une crise logistique majeure. En ciblant les équipements du fabricant danois Danfoss, les pirates ont entraîné une hausse critique des températures dans les meubles froids, forçant les enseignes à retirer massivement leurs produits des rayons.
Un impact opérationnel et financier massif
Le groupement Les Mousquetaires, qui gère les enseignes Intermarché et Netto, a été particulièrement touché avec 300 points de vente affectés. Selon Thierry Cotillard, président du groupe, les systèmes ont été forcés en mode dégivrage, atteignant des températures allant jusqu'à 50°C. Cette défaillance technique provoquée a contraint les équipes à vider les rayons pour garantir la sécurité sanitaire des clients, engendrant un préjudice financier estimé à plusieurs dizaines de millions d'euros à l'échelle nationale.
L'enquête judiciaire et l'implication de l'ANSSI
Face à la gravité de la situation, le parquet de Paris a ouvert une enquête confiée à l'Office anticybercriminalité (OFAC). Les investigations visent à établir précisément l'origine de l'intrusion et à évaluer l'ampleur des dégâts, incluant les pertes de denrées alimentaires et les risques d'incendie liés à la surchauffe des équipements. Parallèlement, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) a identifié une vulnérabilité logicielle spécifique au sein des solutions fournies par Danfoss et a engagé des échanges avec l'entreprise danoise pour contenir la menace.
Vers un contentieux sur la responsabilité industrielle
Cet incident soulève des interrogations structurelles sur la dépendance technologique des grands distributeurs. Thierry Cotillard a d'ores et déjà évoqué l'émergence d'une « guerre juridique » à venir entre les enseignes de la grande distribution et le fabricant Danfoss. Alors que le fournisseur conteste pour l'heure sa responsabilité directe, le débat se déplace sur le terrain de la protection des infrastructures critiques. Pour les acteurs du secteur, cet événement met en lumière une vulnérabilité préoccupante concernant la souveraineté alimentaire face aux menaces cybernétiques modernes.