Une cyberattaque d'envergure nationale cible les systèmes de régulation frigorifique du fabricant danois Danfoss, provoquant des perturbations majeures dans plusieurs enseignes de la grande distribution française. En Loire-Atlantique comme ailleurs, des supermarchés Leclerc, Intermarché et U se voient contraints de retirer de la vente des stocks entiers de produits frais et surgelés.
Un sabotage technique à distance
Le mode opératoire des assaillants repose sur une intrusion dans les systèmes de gestion à distance des installations frigorifiques. En détournant la fonction de dégivrage, les pirates ont imposé une consigne de température atteignant 50 degrés dans les équipements. Cette manipulation directe a entraîné une rupture immédiate de la chaîne du froid, rendant les marchandises impropres à la consommation et imposant leur destruction systématique pour des raisons sanitaires.
Impact opérationnel sur les enseignes
Les conséquences sont visibles sur tout le territoire. À Saint-Herblain, le centre Leclerc Atlantis, l'un des plus importants du groupement avec 8 800 m², a dû suspendre indéterminément la vente de ses produits surgelés via son service Drive. À Saint-Brevin-les-Pins, le magasin a fait état de pertes de marchandises significatives, avec une reprise normale des activités prévue seulement le 13 octobre. Des établissements sous enseigne U et Intermarché, notamment à Vallet et Saint-Sébastien-sur-Loire, ont également dû vider leurs rayons réfrigérés pour faire constater les dégâts par des commissaires de justice.
Des enjeux financiers et logistiques majeurs
À l'échelle nationale, l'ampleur du sinistre est considérable. Les données disponibles font état de près de 300 magasins Intermarché et Netto touchés, auxquels s'ajoutent une centaine de points de vente du groupement Coopérative U. Les estimations préliminaires du secteur évoquent des pertes financières se chiffrant en millions d'euros. Si certains magasins parviennent à organiser un réapprovisionnement rapide, l'incident souligne la vulnérabilité critique des infrastructures industrielles connectées face aux menaces cyber, forçant les distributeurs à une collaboration étroite avec leur fournisseur pour sécuriser à nouveau leurs équipements.