Le paquebot Villa Vie Odyssey, engagé dans un tour du monde de trois ans et demi, a annoncé la suspension de son itinéraire après que le prix du carburant a explosé, laissant environ deux cents passagers à terre au Cambodge. L’opérateur américain invoque des coûts de fuel mensuels par cabine qui ont quadruplé, rendant le modèle économique inviable.
Une flambée du prix du fuel qui met à mal le modèle de croisière résidentielle
Depuis le déclenchement du conflit en Iran, les tarifs du mazout maritime ont grimpé de façon spectaculaire. Selon le groupe Villa Vie, le coût mensuel du carburant pour chaque cabine en Asie est passé de 1 800 $ à près de 8 000 $, soit une hausse de plus de 300 %. Cette hausse a dépassé les mesures d’économie mises en place, comme le ralentissement de l’itinéraire et des escales prolongées, qui ne suffisaient plus à compenser la hausse des dépenses.
Conséquences immédiates pour les passagers et le programme de vie à bord
Le navire, long de 200 m et capable d’accueillir jusqu’à 650 personnes, était à plus de 750 jours de son périple lorsqu’il a été contraint d’arrêter la traversée. Les autorités du bateau travaillent avec les voyageurs pour organiser leur débarquement et des solutions d’hébergement temporaire au Cambodge. Les passagers, qui avaient souscrit à des résidences permanentes allant de 120 000 $ à 440 000 $, ou à des locations mensuelles à partir de 3 500 $, se retrouvent désormais sans itinéraire défini.
Perspectives de redressement et incertitudes pour l’avenir du projet
Villa Vie a annoncé un plan de restructuration et de recapitalisation de 60 jours, sans garantir de résultat. Le projet, lancé en octobre 2024 depuis Belfast, prévoyait de couvrir près de 150 pays en 3,5 ans, avec des installations de luxe telles que bars, restaurants, piscine et même un court de pickleball. Des retards antérieurs, notamment des réparations prolongées à Belfast, avaient déjà coûté plusieurs millions de livres à l’entreprise. La suspension actuelle ajoute une nouvelle couche d’incertitude quant à la viabilité du concept de résidence permanente en mer, surtout dans un contexte de volatilité énergétique mondiale.