La lumière peine à être faite sur le dossier fiscal de la société suisse Adax, au cœur d'une commission d'enquête parlementaire au Sénégal. Les députés cherchent à comprendre pourquoi un redressement de 100 milliards de FCFA, notifié il y a plusieurs années, n'a jamais été suivi d'un recouvrement effectif.
L'absence de traces dans les fichiers officiels
Lors de son audition, le Directeur des Grandes Entreprises, Makhaly Faye, a affirmé que la société Adax est absente des bases de données actives de son administration. Malgré des recherches approfondies dans les répertoires physiques et numériques, aucun dossier de traitement récent n'a pu être identifié. Le responsable, en poste depuis janvier 2025, a précisé que ses services n'ont pas hérité d'un suivi opérationnel concernant cette entité, limitant ainsi sa capacité à répondre sur les activités passées de la direction.
Le mystère des 100 milliards de FCFA
Les parlementaires ont soulevé des zones d'ombre persistantes autour d'une procédure initiée vers 2016. À cette époque, une action menée par le Centre des Grandes Entreprises, potentiellement appuyée par une structure identifiée sous le nom d'Orx ou Oris, avait abouti à la notification de titres de perception atteignant 100 milliards de FCFA. Le cœur de l'interrogation porte désormais sur l'échec du recouvrement de ces sommes et sur les variations inexpliquées des montants réclamés au fil des années. Les circonstances ayant conduit à l'essoufflement de cette procédure restent, à ce stade, non élucidées.
L'exploitation des archives pour reconstituer les faits
Face à l'absence de données actives, le Directeur des Grandes Entreprises a toutefois confirmé la découverte de correspondances éparses dans les archives administratives. Ces documents, bien que limités, seront transmis à la commission d'enquête pour tenter de retracer l'historique du dossier Adax. Makhaly Faye a réitéré son obligation de réserve, soulignant qu'il ne lui appartient pas de juger les actes de ses prédécesseurs, tout en assurant sa pleine coopération avec les travaux de l'Assemblée nationale pour faire la lumière sur cette affaire financière complexe.