À l'approche du 65e anniversaire de la répression sanglante du 17 octobre 1961 à Paris, une mobilisation politique d'ampleur se structure en France. Une trentaine de maires réclament désormais la reconnaissance pleine et entière de ces événements comme un crime d'État, marquant une nouvelle étape dans le débat mémoriel national.
Une exigence de responsabilité étatique
Si les présidents François Hollande et Emmanuel Macron ont respectivement reconnu la réalité de la répression et qualifié les faits de « crime inexcusable », les signataires de la pétition estiment que le compte n'y est pas. Ces élus, parmi lesquels figurent notamment les maires de Paris et de Saint-Denis, exigent que la responsabilité directe des autorités publiques dans l'organisation et la conduite de cette répression soit explicitement nommée. Pour ces responsables locaux, il s'agit de dépasser le stade des déclarations symboliques pour acter la responsabilité de l'État français dans le massacre de manifestants algériens qui protestaient pacifiquement contre un couvre-feu discriminatoire.
Au-delà de la mémoire, un enjeu d'égalité
Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, a souligné que cette reconnaissance ne doit plus être instrumentalisée au gré des tensions diplomatiques entre Paris et Alger. Selon lui, assumer cette part d'ombre de l'histoire nationale est une condition nécessaire pour renforcer l'égalité au sein de la société française. En intégrant pleinement ces événements dans le récit national, la France offrirait à ses citoyens une connaissance partagée de son passé, loin de toute culpabilisation permanente, mais au service d'une cohésion nationale apaisée.
Des revendications concrètes pour le calendrier national
La mobilisation ne se limite pas à une demande de qualification juridique. Les élus et les formations politiques, à l'instar de La France Insoumise, portent des revendications précises : l'inscription officielle du 17 octobre au calendrier des journées nationales de commémoration et une ouverture élargie des archives relatives à la guerre d'Algérie. Ces demandes font écho à la résolution adoptée par l'Assemblée nationale en mars 2024, témoignant d'une volonté croissante de transformer le travail de mémoire en une politique publique pérenne et transparente.