Une coalition d'organisations de la société civile nigériane monte au créneau pour exiger la divulgation immédiate du protocole d'accord signé entre le gouvernement fédéral et le géant mondial de la viande, JBS. Ce projet d'investissement massif de 2,5 milliards de dollars, visant à implanter six unités de transformation industrielle de volaille, de bœuf et de porc sur cinq ans, suscite de vives inquiétudes quant à son opacité et à ses répercussions potentielles sur les écosystèmes locaux.
Le flou autour des engagements fonciers
Au cœur des préoccupations figure l'accès au foncier, un enjeu critique pour les communautés rurales. Alors que des responsables de l'État du Niger ont évoqué la mise à disposition potentielle de 1,2 million d'hectares pour ce projet, les détails contractuels restent inaccessibles. Malgré des demandes formelles basées sur la loi d'accès à l'information, les ministères concernés n'ont toujours pas rendu publics les termes de l'accord, les études d'impact environnemental et social (EIES), ou encore les structures de propriété des véhicules d'investissement privés impliqués.
Risques environnementaux et sanitaires
La coalition, qui regroupe des associations d'agriculteurs, de pastoralistes et des défenseurs de l'environnement, alerte sur les dangers d'une industrialisation à grande échelle de l'élevage. Les risques identifiés incluent la pollution des nappes phréatiques, la gestion des déchets animaux, l'érosion de la biodiversité et les menaces liées à l'antibiorésistance. Pour ces organisations, le modèle proposé par JBS pourrait fragiliser les systèmes agroécologiques traditionnels et les petits exploitants, qui assurent actuellement une part significative de la production nationale.
Exigence de participation citoyenne
Face à ce projet, les acteurs de la société civile réclament une gouvernance ouverte et inclusive. Ils appellent le gouvernement et le Parlement à organiser des auditions publiques pour évaluer la conformité de cet investissement avec le Plan directeur de l'élevage nigérian 2026-2040. La coalition insiste sur le principe du consentement libre, préalable et éclairé des communautés locales, arguant que la sécurité alimentaire ne doit pas se mesurer uniquement par le volume de production, mais par la préservation des ressources et la souveraineté des populations locales sur leurs terres et leurs moyens de subsistance.