La région de Ménaka, située dans le nord-est du Mali, a été le théâtre d'une série d'attaques meurtrières le dimanche 18 octobre 2026. Ces violences, qui ont coûté la vie à une cinquantaine de civils, marquent une nouvelle escalade dans l'instabilité sécuritaire qui frappe les populations locales.
Des raids coordonnés contre les campements Daoussahak
Les assauts ont été menés par des hommes armés circulant à moto, ciblant spécifiquement plusieurs campements situés à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Ménaka, notamment à Tinabow et Tagadayat. Selon les témoignages recueillis, les assaillants ont ouvert le feu sans sommation sur les habitants, incluant des jeunes et des personnes âgées, avant d'incendier les habitations. Les victimes appartiennent majoritairement à la communauté des Daoussahak, une composante sociale dont est issu le Mouvement pour le salut de l'Azawad (MSA), groupe armé allié aux autorités de transition maliennes.
Une dynamique de représailles armées
Les autorités et observateurs locaux pointent une logique de vengeance derrière ce massacre. Des sources sécuritaires basées à Gao indiquent que ces attaques pourraient constituer des représailles directes suite à des opérations militaires récentes et aux actions menées par le MSA dans la zone. Parallèlement, la résidence de Moussa Ag Acharatoumane, chef du MSA et membre du Conseil national de transition (CNT), a été visée à Ménaka, bien que cette incursion n'ait fait aucune victime.
Crise humanitaire et déplacements de populations
Au-delà du bilan humain, ces violences provoquent un exode massif vers la ville de Ménaka. Les survivants, ayant tout perdu dans l'incendie de leurs campements, affluent vers les centres urbains pour trouver refuge. Face à cette situation, le Bureau exécutif de la communauté des Daoussahak a officiellement désigné l'organisation État islamique comme responsable de ces exactions. Un appel urgent à l'aide humanitaire a été lancé pour répondre aux besoins immédiats des populations déplacées, dont le nombre continue de croître dans un contexte sécuritaire toujours précaire.