Une vague de courriers frauduleux, imitant parfaitement les communications de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), cible actuellement les détenteurs de cryptomonnaies en France. En exploitant des données personnelles issues de fuites antérieures, les cybercriminels tentent de soutirer des accès aux portefeuilles numériques des contribuables sous couvert de régularisation fiscale.
Une stratégie basée sur l'ingénierie sociale
Les escrocs utilisent des courriers papier d'une grande crédibilité, générés par intelligence artificielle, pour instaurer un climat de peur. Ils s'appuient sur l'entrée en vigueur de la réglementation européenne DAC8, qui impose aux plateformes d'échange de transmettre automatiquement des données fiscales aux autorités. Le courrier prétend que le destinataire a omis de déclarer ses transactions entre 2024 et 2025, le menaçant de lourdes pénalités financières, incluant des amendes de 750 euros par compte non déclaré et des intérêts de retard.
Le piège du portail numérique factice
Pour régulariser leur situation, les victimes sont incitées à scanner un QR code présent sur le document. Ce lien redirige vers un site web frauduleux, visuellement identique au portail officiel impots.gouv.fr. L'objectif est de pousser l'utilisateur à « connecter » ses comptes de cryptomonnaies ou à fournir ses phrases de récupération. Une fois ces accès obtenus, les pirates peuvent vider les portefeuilles numériques des investisseurs, transformant une simple démarche administrative fictive en un vol direct d'actifs.
L'exploitation croisée de bases de données
Cette campagne de phishing démontre la dangerosité de l'accumulation des fuites de données personnelles. Les experts en cybersécurité estiment que les fraudeurs croisent plusieurs bases de données compromises, issues d'incidents de sécurité survenus ces dernières années, pour cibler précisément les profils possédant des actifs numériques. Bien que le courrier semble officiel, plusieurs indices permettent de déceler la supercherie : l'absence de logo gouvernemental, l'absence d'envoi en recommandé, des erreurs sur les taux fiscaux et, surtout, le recours à un QR code pour des démarches fiscales.
La vigilance comme rempart
Il est crucial de rappeler que l'administration fiscale française n'utilise jamais de tels procédés pour contacter les contribuables au sujet de leurs actifs numériques. Toute démarche officielle relative à la fiscalité des cryptomonnaies s'effectue exclusivement via l'espace personnel sécurisé sur le site officiel impots.gouv.fr. En cas de réception d'un courrier suspect, la consigne est de ne pas scanner le QR code et de ne transmettre aucune information personnelle, le document devant être ignoré.