La Commission indépendante des pratiques de corruption (ICPC) a mis au jour une structure administrative fictive, baptisée « National Brands Development and Made-in-Nigeria Special Project Office », qui occupait illégalement des locaux au sein même du Secrétariat du gouvernement de la Fédération (OSGF) à Abuja. Cette imposture, orchestrée par un individu opérant sous plusieurs alias, soulève des questions majeures sur les failles de sécurité et les procédures de contrôle au sein de la haute administration nigériane.
Une stratégie d'usurpation sophistiquée
L'enquête menée par l'ICPC, sous la direction du Dr Musa Adamu Aliyu, a révélé que l'agence fantôme ne se contentait pas d'exister sur le papier. Son promoteur, identifié comme George Buchi Nwabueze, a déployé une organisation structurée à l'échelle nationale. Pour asseoir sa crédibilité, l'entité a scrupuleusement reproduit le principe constitutionnel du « caractère fédéral », en nommant des coordinateurs issus de divers groupes ethniques et régionaux à travers les États du pays. Cette mise en scène incluait une présence active sur les réseaux sociaux et un site web dédié, visant à donner le change aux citoyens et aux partenaires potentiels.
Des complicités internes sous enquête
La découverte de cette structure, qui s'inscrit dans le cadre d'investigations plus larges sur les faiblesses procédurales de la fonction publique, pointe vers des complicités potentielles au sein de l'appareil d'État. Le fait qu'une agence sans autorisation présidentielle ait pu obtenir des bureaux physiques au sein de l'OSGF suggère une faille sécuritaire significative. En réponse à ces révélations, le président Bola Tinubu a ordonné l'arrestation immédiate de George Buchi Nwabueze et a suspendu trois secrétaires permanents, M.S. Danjuma, Engr Nadungu Gagare et Richard P. Pheelangwah, afin de permettre le bon déroulement des investigations.
L'intégrité de l'administration en question
Au-delà de l'arrestation des responsables, l'ICPC poursuit son travail pour identifier l'étendue du réseau de coordinateurs et le rôle exact des fonctionnaires impliqués dans l'hébergement de cette agence fictive. L'affaire met en lumière les risques posés par l'usurpation d'identité institutionnelle et la nécessité d'un renforcement drastique des protocoles d'accès aux infrastructures gouvernementales. Les autorités nigérianes sont désormais confrontées à l'impératif de restaurer la confiance dans les processus de nomination et de gestion des projets spéciaux, alors que l'enquête continue de révéler les ramifications de ce système frauduleux.