Un sénateur nigérian, Shehu Buba, dément fermement les accusations de complicité avec les bandits, tout en révélant une campagne de diffamation soigneusement orchestrée par un ancien protégé. Ces révélations soulèvent des questions sur les méthodes de déstabilisation politique dans un contexte de montée de l’insécurité dans le nord du pays.
Un ancien protégé devenu accusateur
Shehu Buba, sénateur représentant la circonscription sud de Bauchi et candidat du PRP à l’élection gouvernorale de 2027, affirme avoir soutenu financièrement et éducativement Hassan, un jeune homme présenté comme un orphelin. Après avoir refusé de financer son projet de commerce automobile, Buba affirme que Hassan a quitté les études et a exploité l’accès à son domicile pour produire des contenus de propagande.
Selon le sénateur, Hassan aurait enregistré secrètement des photos et vidéos de visiteurs, avant de les transmettre à des rivaux politiques pour nuire à sa réputation. Ces allégations de soutien aux bandits, diffusées via les réseaux sociaux, auraient été fabriquées de toutes pièces.
Une enquête en cours et des arrestations
Buba a porté plainte auprès de l’Inspecteur général de la police nigérian, entraînant l’arrestation de quatre suspects : deux à Kano, un à Bauchi et un à Abuja. Les procédures judiciaires ont déjà été engagées. Cependant, le principal accusateur, Hassan, aurait fui au Niger, où il continue de diffuser des lives financés par des opposants politiques.
Le sénateur a réagi avec fermeté : « Ceux qui me soutiennent ne peuvent pas changer mon destin ; si Dieu l’a voulu, personne ne pourra m’arrêter avec des campagnes de propagande sur les réseaux sociaux. »
Un sénateur en première ligne contre l’insécurité
Ancien président de la commission sénatoriale sur la sécurité nationale et le renseignement, Buba a collaboré avec des responsables sécuritaires et des figures religieuses pour mettre en œuvre la stratégie non cinétique du gouvernement nigérian contre les bandits. Cette approche, alternative aux opérations militaires classiques, vise à traiter les causes profondes de l’insécurité : pauvreté, conflits communautaires et marginalisation.
Son équipe, incluant le clerc Musa Asadussunnah, a mené des négociations controversées avec des chefs de bandits, dont le redouté Bello Turji, dans le cadre de ces accords de paix locaux. Ces initiatives, bien que critiquées par certains, s’inscrivent dans une logique de désescalade des tensions entre communautés pastorales et agricoles.