Un retraité handicapé de Lagos dénonce l’attente interminable de ses droits après 30 ans de service

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 26 lectures
Un retraité handicapé de Lagos dénonce l’attente interminable de ses droits après 30 ans de service

Un ancien cadre administratif de la fonction publique nigériane, handicapé, dénonce les retards dans le versement de ses droits de retraite après trois décennies de service, illustrant les difficultés structurelles des retraités de l’État de Lagos.

Trente ans de service, des droits bloqués

Michael Olawale Odesanya, ancien chef du service administratif et des ressources humaines de la zone de Kosofe à Lagos, a pris sa retraite en 2026 après avoir intégré la fonction publique locale en 1996. Pourtant, près de deux ans après son départ, il n’a toujours pas reçu ses droits de retraite, une situation qui l’empêche d’accéder à des médicaments essentiels et à des compléments alimentaires nécessaires en raison de son handicap.

Son témoignage révèle une réalité partagée par de nombreux retraités nigérians : l’attente prolongée des droits acquis après des décennies de cotisations régulières. « La retraite est devenue une maladie terminale dans cet État », déclare-t-il, soulignant l’ironie d’un système où les prélèvements pour la retraite sont effectués chaque mois, mais où les versements tardent indéfiniment.

Un système public en crise

Odesanya pointe du doigt les dysfonctionnements bureaucratiques et les retards administratifs, malgré la connaissance par l’État des dates de départ à la retraite de ses agents. Il compare la situation avec le secteur privé, où les droits sont souvent versés en quelques mois, voire semaines, après le départ. « Pourquoi l’État, qui se veut le garant du bien-être social, ne traite-t-il pas ses retraités avec la même célérité ? » s’interroge-t-il.

Les justifications avancées par les autorités – attentes d’approbations ou documents manquants – sont selon lui des prétextes pour masquer une inertie institutionnelle. « On vous parle d’approbations, mais quelles approbations ? Les droits sont acquis, les cotisations ont été prélevées. Il ne reste plus qu’à les verser », martèle-t-il.

La précarité des retraités handicapés

Pour Odesanya, les conséquences de ces retards sont dramatiques, surtout pour les retraités en situation de handicap. Les médicaments et compléments nécessaires à sa santé, souvent non disponibles dans les hôpitaux publics, doivent être importés, aggravant son fardeau financier. « Comment survivre quand vos droits, votre unique source de revenus, vous sont refusés ? » s’indigne-t-il.

Il évoque également les protestations prévues par des groupes de retraités à Alausa, siège du gouvernement de l’État de Lagos, pour dénoncer l’inaction des autorités malgré les annonces de régularisation des arriérés. « Le président a libéré des fonds, mais personne ne semble se soucier de leur distribution effective », déplore-t-il.

Un appel à l’urgence sociale

Face à cette situation, Odesanya enjoint les autorités à traiter le sort des retraités comme une priorité absolue. « Ces droits ne sont pas une faveur, mais une dette contractée envers ceux qui ont servi l’État pendant des décennies », rappelle-t-il. Son appel résonne comme un cri d’alarme pour des milliers de fonctionnaires nigérians dont la dignité est bafouée par des retards systématiques.

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