Un rapport officiel de l'inspecteur général du Pentagone vient fragiliser la communication de l'administration américaine concernant ses capacités militaires. Le document confirme l'existence de pénuries de munitions et de tensions logistiques sévères, contredisant les affirmations répétées de Donald Trump et du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, sur la robustesse des stocks nationaux.
Une intensité opérationnelle sous haute tension
Depuis le lancement de l'opération Epic Fury le 28 février, l'armée américaine a mené une campagne aérienne d'une ampleur inédite, totalisant près de 5 000 sorties. L'usage intensif des systèmes de défense antimissile THAAD et Patriot pour contrer les frappes iraniennes a conduit à une érosion rapide des réserves stratégiques. Selon les données d'inventaire, les États-Unis auraient consommé environ 80 % de leurs intercepteurs THAAD et la moitié de leurs stocks de Patriot, illustrant la pression exercée sur la chaîne d'approvisionnement militaire.
Bilan des pertes matérielles et logistiques
Le rapport détaille pour la première fois les dommages subis par les forces américaines. Outre la destruction ou l'endommagement de plusieurs aéronefs, dont des chasseurs F-15E, un F-35A et un A-10, l'armée déplore la perte d'une trentaine de drones MQ-9 Reaper. La base navale de Bahreïn, pivot logistique essentiel dans le Golfe, a également été directement impactée par des tirs combinés de drones et de missiles balistiques, soulignant la vulnérabilité des infrastructures régionales.
Un coût financier estimé à 33,4 milliards de dollars
La facture du conflit, calculée sur une période de quatre mois, s'élève à 33,4 milliards de dollars. Ce montant se décompose en 22,3 milliards pour les munitions consommées, 3,7 milliards pour le matériel perdu et 7,4 milliards de frais opérationnels. À ces chiffres s'ajoutent plus de 200 millions de dollars de dégâts sur les infrastructures situées en Irak, au Koweït, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. Face à ce constat, le Pentagone indique désormais chercher à accélérer les cadences de production industrielle pour reconstituer ses stocks critiques et anticiper d'éventuelles escalades futures.