Trois ans après la formation de l'Alliance des États du Sahel (AES), le Mali se retrouve au cœur d'une controverse sur sa stratégie de défense. Un rapport publié le 16 septembre 2026 par l'organisation américaine The Sentry révèle une dépendance technologique et opérationnelle vis-à-vis de l'Africa Corps russe, contredisant les discours officiels sur la souveraineté nationale.
L'implication de l'Africa Corps dans l'aérien
L'enquête menée par The Sentry, une structure reconnue pour son expertise sur les réseaux financiers liés aux zones de conflit, se concentre sur l'usage des drones au Mali. Selon les éléments recueillis, ces vecteurs aériens ne seraient pas sous le contrôle exclusif des forces armées maliennes. Le rapport suggère que l'Africa Corps, émanation des intérêts russes dans la région, jouerait un rôle déterminant dans la gestion et le déploiement de cette flotte de drones.
Le paradoxe de la souveraineté affichée
La junte au pouvoir à Bamako a fait de la reconquête de la souveraineté nationale le pilier central de sa politique, notamment à travers la création de l'AES avec le Burkina Faso et le Niger. Toutefois, les conclusions de The Sentry soulignent un décalage significatif entre cette rhétorique politique et la réalité opérationnelle sur le terrain. En déléguant une partie de ses capacités de frappe aérienne à des acteurs étrangers, l'État malien fragiliserait, selon l'ONG, l'autonomie stratégique qu'il revendique pourtant auprès de ses citoyens.
Enjeux financiers et contrôle des ressources
Au-delà de l'aspect purement militaire, le rapport pointe du doigt les réseaux financiers qui soutiennent ces opérations. L'implication de l'Africa Corps ne se limiterait pas à une assistance technique, mais s'inscrirait dans une architecture plus large de contrôle et d'influence. Pour les observateurs, cette situation soulève des questions sur la pérennité des engagements sécuritaires du Mali et sur la nature réelle des contreparties accordées aux partenaires russes en échange de cet appui technologique crucial pour la surveillance et les frappes aériennes.