Un récent rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme qualifie les opérations militaires israéliennes menées en Cisjordanie de potentiels crimes contre l'humanité. L'instance internationale s'inquiète d'une stratégie de déplacement forcé systématique, assimilable à un nettoyage ethnique, visant à rendre les camps de réfugiés inhabitables.
Le bilan humain et matériel de l'opération Iron Wall
Déployée entre janvier et février 2025, l'opération militaire baptisée « Iron Wall » a frappé les camps de réfugiés de Jénine, Nur Shams et Tulkarem. Selon les données onusiennes, cette offensive a causé la mort de 102 Palestiniens, dont au moins 21 enfants. Les méthodes employées, incluant des frappes aériennes, l'usage de bulldozers blindés et des détonations contrôlées, ont dévasté les infrastructures, empêchant tout retour des populations civiles dans ces zones désormais jugées inhabitables.
Déplacements forcés et violations du droit international
Plus de 33 000 réfugiés palestiniens demeurent déplacés à ce jour, une situation que l'ONU qualifie de punition collective. Le rapport souligne que les forces israéliennes auraient explicitement enjoint les résidents à quitter les lieux, évoquant un transfert définitif vers la Jordanie. Pour le Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Volker Türk, ces actes s'inscrivent dans une logique d'expulsion massive visant à libérer des espaces pour l'expansion de colonies israéliennes, en violation flagrante du droit international.
Une remise en cause du statut des camps de réfugiés
Les trois camps visés font partie des 19 structures administrées par l'UNRWA en Cisjordanie, établies historiquement pour accueillir les populations déplacées lors de la Nakba de 1948. La destruction ciblée de ces zones soulève des enjeux majeurs sur la protection des droits des réfugiés et la pérennité de leur présence sur le territoire. L'ONU exige désormais la fin immédiate de la présence israélienne dans les territoires occupés et l'arrêt total des efforts visant à déplacer davantage de Palestiniens, rappelant que l'absence de nécessité militaire impérative rend ces actions illégales au regard des conventions internationales.