Un rapport publié le 17 juin 2026 par l'institut suédois de recherche sur la défense (FOI) dresse un état des lieux complexe du conflit au Sahara occidental. Si l'étude identifie un avantage stratégique pour Rabat sur le terrain, elle souligne une réalité militaire différente dans le cadre d'une confrontation directe avec Alger.
L'avantage tactique de Rabat sur le terrain
L'analyse, intitulée Western Sahara – Half a Century of Conflict in Northwestern Africa, conclut que le Maroc détient une supériorité claire face au Front Polisario. Selon l'auteur Aron Lund, le mouvement indépendantiste, soutenu par l'Algérie, ne dispose plus des capacités militaires suffisantes pour contester durablement le contrôle exercé par Rabat sur la majeure partie du territoire. Cette situation résulte d'une modernisation constante des forces marocaines face à un affaiblissement progressif des moyens du Polisario au cours des dernières décennies.
La puissance militaire algérienne en perspective
Le rapport nuance toutefois le rapport de force global entre les deux puissances maghrébines. En cas d'affrontement direct, l'Algérie est considérée comme militairement plus forte, portée par un budget de défense estimé à 40 milliards d'euros, soit le double de celui du Maroc. Néanmoins, l'institut précise que cet avantage matériel ne se traduit pas nécessairement par une supériorité offensive, en raison des contraintes géographiques et des difficultés logistiques inhérentes à la région. Le document souligne également que le Maroc pourrait bénéficier d'un soutien extérieur plus efficace en cas de conflit ouvert.
Une course aux armements régionale
La rivalité persistante entre Alger et Rabat a engendré une augmentation significative des dépenses militaires. Entre 2020 et 2024, les deux nations ont concentré près de 90 % des importations d'armements en Afrique du Nord, l'Algérie représentant à elle seule plus de la moitié de ce volume. Cette dynamique s'inscrit dans un contexte où les hostilités, ayant repris en 2020 après trois décennies de trêve, pèsent lourdement sur la stabilité régionale.
Perspectives diplomatiques et scénarios
À l'horizon de dix ans, la FOI juge peu probable une guerre ouverte, bien que le risque d'escalade lié à des incidents isolés demeure. Le scénario privilégié par les analystes reste celui d'un conflit non résolu, marqué par une acceptation internationale croissante du contrôle marocain. Parallèlement, le processus onusien se poursuit, le Conseil de sécurité ayant prolongé le mandat de la MINURSO jusqu'en octobre 2026, tout en réitérant son appel à une solution politique durable.